Frédéric II sur France 2
Comme je n’ai entendu, hier soir sur France 2, aucune faute de français dans le commentaire de son émission sur Frédéric II, j’ai d’abord cru qu’Isabelle Benhadj avait été virée. Mais non, le générique de fin nous apprenait qu’elle était toujours là. Il faut donc en conclure que quelqu’un d’autre lui avait écrit son texte. Continuez !
Curieux personnage, ce Frédéric II, garçon sensible et fin, élevé par un père d’une brutalité inouïe, et qui va se muer en chef de guerre courageux et en roi de Prusse tout à fait capable. Avec cela, c’est sans doute le seul souverain de l’Histoire qui, homosexuel quasiment déclaré, n’a eu qu’une épouse vite mise à l’écart, et aucune maîtresse. Et aucun enfant, bien entendu. Ce salopard de Voltaire, dans son style choisi, a insinué que, non seulement Frédéric préférait les hommes, mais qu’il ne pratiquait que la sodomie passive, car, ayant « été fort maltraité dans ses amours de passade, et non moins mal guéri [..., il] ne pouvait jouer le premier rôle : il fallait se contenter des seconds ». Aucune preuve de cette calomnie, bien entendu. Et le courage de ce roi en temps de guerre semblait prouver que les exploits guerriers du Bataillon Sacré de Thèbes, uniquement composé de couples homosexuels, ne relevaient peut-être pas de la légende.
Son amitié orageuse avec Voltaire occupait une bonne partie du film, et on en retirait la conviction que Voltaire, talent mis à part, était une belle ordure. J’en reparlerai, il y a de la matière.
Reste une question sans réponse : tous ces rois dont Bern nous parle dans ces émissions passaient leur temps à se faire construire des palais magnifiques, où ils ne vivaient que quelques semaines par an, voire pas du tout. Mais où diable trouvaient-ils tant d’argent ? Et comment leurs peuples supportaient-ils tout ça ?