« Ils nous ont quittés »
En ce moment, c’est un festival, chez ces crétins qui nous polluent les conduits auditifs : Jacques Chancel « nous a quittés », José Artur « nous a quittés », Demis Roussos « nous a quittés »... Tous des infidèles, alors ?
Je m’adresse à ces zozos qui bavassent dans les micros, et je leur dis : « Sans blague, ça vous étoufferait d’employer les termes exacts et de dire qu’ils SONT MORTS ?! ». Et pourquoi continue-t-on d’écrire, sur les monuments officiels, que des soldats sont « morts pour la France » ? Imaginez sur les monuments aux morts : ils nous ont quittés pour la France. Ce serait assez équivoque, non ?
Mais il faut croire que c’est un mot obscène, mort. Tout comme père et mère, qui ont disparu de la circulation au profit de papa et maman : ah, les vot’ papa et vot’ maman des navrants Drucker et Nagui... Donc, ménagez les gens, ne leur dites jamais qu’Untel est mort, ça pourrait les traumatiser.
Moi, Chancel, Artur, Roussos et un tas d’autres, je ne les ai jamais rencontrés. Comment pourrais-je prétendre qu’ils m’ont « quitté » ?
(Si, Chancel, une fois, croisé dans un aéroport)