Je ne me fous pas des J.O.
Puisque les Jeux Olympiques commencent aujourd’hui, c’est le moment de se procurer le pamphlet dû au cher Albert Jacquard, Halte aux Jeux !, sans doute introuvable en librairie, peur-être chez les bouquinistes, mais disponible sur Amazon (très cher, hélas, les vendeurs privés profitent de l’occasion, mais si vous avez un Kindle, il ne coûte quasiment rien à télécharger). Jacquard, scientifique éminent et très orienté à gauche, a cet avantage sur les pamphlétaires ordinaires : il sait trouver les bons arguments. Or, des arguments contre les J.O., ça ne manque pas.
À défaut, je replace ici ce qu’avait écrit naguère un chroniqueur du « Canard enchaîné » : que, lorsqu’une naïade émergeait de la piscine un quart de seconde avant ses concurrentes, ce qui plaisait aux foules, ce n’était pas l’exploit, mais que cela faisait « bisquer la peuplade d’en face ». On ne saurait mieux qualifier le nationalisme qui pourrit cette manifestation de vanité collective.
Terminons avec une autre occasion, mais celle de se marrer. Savez-vous qu’au moins un chef d’État a participé aux Jeux Olympiques ? Pas comme chef d’État (quoique...), mais comme sportif ! Il s’agissait de... Néron, empereur de Rome. Il s’était rendu à Olympie pour concourir dans l’épreuve de la course de chars. Et, bien qu’il soit tombé de son char pendant le parcours, on l’a déclaré vainqueur, histoire de lui faire plaisir. On savait rire, en ce temps-là.