Julien Clerc nu dans « Hair »? Balivernes !
Cabu, dessinateur au talent moyen, et qui a fait carrière dans l’antimilitarisme balourd et la dénonciation des bourgeois (lesquels, comme on sait, sont « tous des cochons»), est lui-même devenu un notable, au point qu’il a pu acquérir assez d’actions du journal « Charlie-Hebdo » pour en être le deuxième actionnaire – après Philippe Val. Dessinateur permanent de cet hebdomadaire et du « Canard enchaîné » depuis des décennies, il est aussi employé permanent de la mairie de Paris depuis que les socialistes y ont conquis la majorité. C’est dire que Cabu ne meurt pas de faim. Mais s’il avait une once de talent, on n’y trouverait rien à redire.
Pour la mairie de Paris, Cabu réalise une page entière, intitulée D’un trait, dans chaque numéro du périodique gratuit À Paris, distribué dans les boîtes aux lettres de tous les Parisiens. C’est censé humoristique, mais cela fait lourdement la publicité du maire, ce qui ne peut étonner personne. Or Cabu, non seulement dessine comme un cochon, mais il oublie de se documenter, ce qui donne parfois des perles.
Ainsi, dans le dernier numéro, on peut voir une case dans laquelle une dame âgée mais encore pétulante, toute nue derrière un paravent, déclare : « En 68, j’ai vu Hair... Je ne me souviens pas des costumes, mais je me souviens de Julien Clerc.. Nu !!! » (avec trois points d’exclamation).
Cette dame imaginaire a bonne mémoire. Si bonne qu’elle a « vu nu » un Julien Clerc qui était le seul personnage de la pièce n’apparaissant pas nu, justement ! Il y avait deux scènes de nu dans Hair. La première se plaçait juste avant l’entracte : une immense toile peinte recouvrait toute la scène, la troupe, environ vingt jeunes acteurs, se glissait dessous, puis tous les participants en surgissaient, ayant abandonné la totalité de leurs vêtements sous le cache-poussière. Le rideau tombait aussitôt. Julien Clerc, avec son personnage de Claude Bukowski, était absent de cette séquence. La seconde scène ne concernait qu’un seul personnage, le chef de la bande de hippies, Berger, joué par Hervé Wattine, qui se balançait au bout d’une corde tel Tarzan au bout d’une liane, et il n’avait pas le moindre vêtement.
Julien Clerc avait une scène où les hippies lui administraient une douche dans un tub, mais il portait un caleçon taillé dans le drapeau des États-Unis. Néanmoins, la légende de Julien Clerc « nu dans Hair » a la vie dure...