Le poids de Paris, place financière
Le 10 janvier dernier, dans une notule portant l’un des meilleurs titres qui soient jamais sortis de ma cervelle bouillonnante, mais que personne n’a remarqué, je m’étais amusé à prévoir que jamais la taxe Tobin voulue par Sarkozy pour raisons électorales ne serait appliquée. À vrai dire, cette taxe existe chez nous depuis pas mal d’années, à cette restriction près : nos législateurs ont mis à son application une condition originale, chef-d’œuvre dans le genre faux-cul, et qui consiste à stipuler qu’elle ne serait mise en œuvre que si les autres pays en faisaient autant ! Variante du « Messieurs les Anglais, tirez les premiers », ou du « Que messieurs les assassins commencent ! »…
Il se trouve en outre qu’au contraire du procédé consistant à tuer les mouches à coups de canon, cette taxe ferait l’effet, sur la finance internationale, d’un cataplasme sur une jambe de bois. Le journal « Les Échos » a publié le 5 janvier un tableau récapitulatif des « plus importants centres financiers mondiaux », qui laisse apparaître la cruelle vérité : la place de Paris compte pour du beurre !
Les données chiffrées sont impitoyables : le volume des devises quotidiennement échangées à Paris est de 151 milliards de dollars ; à Hongkong, il est de 237 milliards ; au Japon, de 312 milliards ; et à Londres, de… 1853 milliards !
On comprend que le Premier ministre britannique soit farouchement opposé à toute taxation : la City est la seule activité qui marche encore, en Angleterre.