Les interviews (presque imaginaires) de Y-A-S
Aujourd’hui : Luka Rocco Magnotta
Q.- Luka, bonjour. Ou dois-je vous appeler Rocco ?
R.- C’est comme vous voulez. Mais j’ai une préférence pour Rocco, je l’avoue.
Q.- Bien. Dites-moi, vous êtes le troisième Rocco qui parvient à la célébrité...
R.- À la gloire, vous voulez dire ?
Q.- C’est cela... Le troisième, après Rocco Siffredi et Rocco Parondi, le héros du film de Visconti...
R.- Et pourtant, moi, je n’ai pas eu besoin d’avoir des frères !
Q.- En effet.
R.- Je me suis fait tout seul.
Q.- Vous vous êtes aussi fait quelqu’un d’autre, dirais-je si cet entretien était placé sous le signe de l’espièglerie et du bon goût. Mais soyons plus sérieux : est-ce que votre parcours a été difficile ?
R.- Pas vraiment. J’avais des dispositions.
Q.- Il faut bien le reconnaître, quelle dextérité ! Et quel humour ! Envoyer tous ces sacs aux autorités...
R.- Là, je reconnais ma dette envers Hannibal Lecter.
Q.- En effet. Mais le dernier trajet de ce parcours, au sens le plus littéral, de Paris à Berlin, a intrigué nombre de vos admirateurs. Est-il exact que vous l’ayez fait en bus ?
R.- Tout à fait, cher Y-A-S. J’avais trouvé si pénible le décalage horaire après mon voyage depuis Montréal ! En bus, au contraire, vous pouvez profiter du paysage. Les autoroutes allemandes sont ravissantes, elles ont tant de poésie. Mais j’avais une autre raison.
Q.- Peut-on la connaître, cette raison ?
R.- C’est élémentaire. J’avais entendu dire que votre président, François Hollande, que j’admire beaucoup pour m’avoir précédé dans mon propre domaine (son dépeçage de Martine Aubry m’a fortement inspiré), entendait se déplacer désormais en train, ou en empruntant des moyens de transport moins ostentatoires. Or je désirais voyager dans la discrétion la plus complète possible. J’ai donc choisi le bus. Et puis, c’est économique.
Q.- Diriez-vous alors que vous êtes un dépeceur « normal » ?
R.- Absolument, c’est le mot que je cherchais.
Q.- Eh bien, merci, cher Luka... Pardon, cher Rocco. Je vous dis à bientôt, et bonne continuation !