Marine Le Pen et Batskin
Je trouve lamentable que les « grands » journaux télévisés se donnent moins de mal pour enquêter que les petites émissions conçues pour faire rire. On en a eu la preuve hier, et c’est le Petit Journal de Yann Barthès qui l’a administrée.
Le Petit Journal avait relevé les affirmations de Marine Le Pen, niant toute relation du Front National qu’elle préside avec les associations fascistes comme celles de Serge Ayoub, les JNR. Or l’équipe de Yann Barthès a diffusé trois preuves qu’elle mentait : une vue d’un de ces néofascistes, dont le crâne rasé arborait un tatouage en forme de croix gammée, et présent dans le service d’ordre d’une manifestation du F.N. ; une autre prouvant que Serge Ayoub faisait partie du même service d’ordre d’une manif identique ; et... une photographie de Marine Le Pen en personne, dans un bar, Le Local du quinzième arrondissement, appartenant à Serge Ayoub himself.
Ayoub, on le connaît depuis longtemps. La première fois que « Le Canard enchaîné » a parlé de lui, c’était en 1994. On y rapportait qu’en avril 1990, le surnommé Batskin se faisait appeler le « roi » des skinheads, et que, par ailleurs créateur des « Jeunesses nationalistes révolutionnaires », qui donc existaient déjà, il assurait le service d’ordre du Front National, par exemple à la fête des Bleu-Blanc-Rouge en septembre 1993. Il s’est reconverti dans la vente de motos, mais, à cette époque, il avait obtenu le limogeage du commissaire de police chargé de la sécurité du Parc des Princes, dont la tête ne lui revenait pas. Fallait les comprendre, ces jeunes, ils ont leur sensibilité, et la présence en ces lieux de ce flic était une véritable provocation : il était antillais !