Mazette et Mariol
Au rayon des initiatives les plus bêtes de la Poste, il y a cette nouvelle entendue la semaine dernière sur France Inter : comme chaque année, la Poste a engagé des vacataires afin de répondre... aux lettres que les enfants envoient au Père Noël ! Ils sont soixante (les vacataires, pas les enfants), et ce service, si l’on peut dire, est toujours basé à Libourne, mais ne me demandez pas pourquoi.
On pensait que les services publics avaient pour but de rendre service au public, mais non, car celui-ci ne sert qu’à faire de la pub à la Poste et provoquer de pieuses pensées chez les électeurs, dans le style « Ils sont sympas, quand même, à la Poste ! ».
Vous vous interrogez, c’est sûr : qui donc a eu cette idée lumineuse ? Eh bien, c’est un certain Jacques Marette, alors ministre des Postes et des télécommunications, comme on disait alors. Il l’a été dès la nomination de Pompidou comme Premier ministre, le 14 avril 1962, sous De Gaulle par conséquent, et l’est resté jusqu’au 1er avril 1967. C’est lui qui a choisi le 33 comme indicateur téléphonique de la France, et créé ce service de réponse aux lettres de l’infernal barbu.
Un détail : il n’en avait pas eu l’idée. Elle lui venait de sa sœur, l’envahissante Françoise Dolto. Eh oui, la célèbre psy pour enfants entretenait donc le culte de la niaiserie chez les gosses...
Un autre détail : comme il y avait à la même époque un autre ministre nommé Jacques Maziol, ministre de la Construction, « Le Canard enchaîné » les avait rebaptisés Mazette et Mariol.