Passeport pour nulle part

Publié le par Yves-André Samère

Entre nous et la Place de la Concorde (c’était une expression du cher San-Antonio), je suis vachement content de vivre en Europe, et plus particulièrement en France. Même si, depuis la fin des années cinquante, nous avons dû nous farcir des chefs d’État du genre pittoresque : un général à titre provisoire pour la durée de la guerre, qui a oublié de redevenir colonel quand elle a pris fin, et a fait du pays une caserne ; un fils de socialiste reconverti à la banque Rothschild ; un viandard et faux aristocrate affublé d’un « beau nom d’emprunt » (comme a dit de lui le premier cité) ; un vieillard menteur, cassant, gaspilleur, ne sachant rien de l’économie, et libidineux ; un roi fainéant ignorant que l’argent doit se gagner par le travail ; et un teenager aussi attardé que vantard.

Pour rien au monde, je n’aurais désiré vivre en Union Soviétique ou dans ses satellites ; en Chine où régna le plus grand tyran que l’Histoire ait connu (cent millions de morts, beaucoup mieux qu’Hitler) ; au Japon xénophobe et adorateur d’un faux dieu ; en Afrique où le culte du chef a fait que JAMAIS on n’a renversé un dictateur en raison de ses exactions, mais uniquement parce qu’un de ses proches désirait lui piquer sa place ; ou même aux États-Unis, pays dans lequel la barbarie se dissimule sous les oripeaux de la libre entreprise.

Moyennant quoi, je ne possède pas de passeport et n’ai nulle envie d’en avoir un.

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