Permis de conduire gratuit ?

Publié le par Yves-André Samère

Amateur de ces inepties dont les radio-télés ne sont pas avares, je suis aussi à l’affût des effets pervers dans tous les domaines. Il est vrai qu’effet pervers et bourde semblent appartenir à la même famille, en ceci qu’une bourde radiophonique, par exemple, est un effet pervers de la liberté d’expression, tandis qu’un effet pervers est une bourde commise par les décideurs.

Lorsque Chirac décida, sans consulter personne, de supprimer le service militaire, ce qui fut fait en 1997, les principaux intéressés applaudirent des deux mains : tous les jeunes qui auraient dû « y » aller mais qui désormais couperaient au séjour en caserne se sentirent libérés d’un poids. Fort bien, mais ils se préparaient à en connaître un autre, financier celui-là.

En effet, il était de tradition que l’armée vous prépare à diverses activités, au nombre desquels se trouvait la conduite automobile. De sorte qu’un jeune appelé « sous les drapeaux », comme on disait alors, apprenait à conduire sans bourse délier. Or on évaluait à cent mille par an le nombre de ceux qui obtenaient leur permis de cette façon. Mais aujourd’hui, cet apprentissage gratuit n’existe plus, et si vous voulez décrocher votre permis de conduire, il faut aller dans une auto-école. Et on a calculé que l’obtention du permis de conduire, tout compris, revient à environ... 2000 euros ! Donc, faute de faire votre service, c’est ce que vous devez désormais sortir de votre poche ou de celle de vos parents.

Conscient du problème, Sarkozy avait proposé qu’au moins le code de la route soit enseigné à l’école et qu’un certificat d’aptitude soit délivré gratuitement. Hollande, lui, a promis un « forfait permis de conduire » aux jeunes qui auront effectué un service civique – ils ne sont pas nombreux, donc cette promesse ne ruinera pas l’État. Et Mélenchon prédisait un permis de conduire gratuit (ça ne lui coûtait rien, il savait qu’il ne serait pas élu), mais « à terme ». Tous ces cadeaux présumés, naturellement, seraient payés par le contribuable : auto-écoles, moniteurs, inspecteurs, matériel, rien de tout cela n’est gratuit, et si l’État le prend en charge, c’est évidemment le contribuable qui paiera... comme il payait quand l’armée se chargeait de cet enseignement.

Et puis, si le permis est gratuit, pourquoi pas aussi le logement gratuit, l’eau gratuite, le gaz gratuit, les transports gratuits, le téléphone gratuit, le cinéma gratuit, et ainsi de suite ?...

On n’en sort pas.

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Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

B
le correspondant qui trouve que la formation en auto-école est chère en France par rapport à d'autres pays a parfaitement raison. En Espagne si vous réussissez votre examen pratique dès la première<br /> fois, cela devrait vous coûter entre 1 000 et 1 200 €. Si vous ne réussissez pas dès la première fois, vous devrez refaire de la pratique à raison de 35 € les 45 minutes. Mais mais mais car il y a<br /> toujours un mais, n'oubliez pas que les salaires sont nettement plus bas en Espagne qu'en France. De même les pensions sont bien moindres qu'en France.
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Y
En France, beaucoup de choses sont plus chères qu’ailleurs. Les touristes étrangers s’effarent en voyant les prix des restaurants et des cafés.<br /> <br /> On appelle cela « l’exception française ».
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A
Moi je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi le coût d'une formation en auto-école est si cher en France. Dans les autres pays, c'est même pas la moitié. Et en plus, l'obtention du permis est<br /> encore plus difficile, alors que cela devrait être facile vu ce que l'on paie pour l'avoir. mais on espère tous que cela va quand même changer bientôt.
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Y
Une bourde, pour moi, est une bévue. C’est à dessein que j’emploie ces deux mots délicieusement désuets, histoire d’offrir à mes (millions de) lecteurs l’occasion de les rencontrer avant qu’ils<br /> disparaissent (les mots, pas les lecteurs), comme ont disparu les verbes « travailler » (détrôné au profit de l’envahissant « bosser ») et « commencer » (supplanté, au<br /> mépris de la grammaire, par « démarrer » et « débuter »).<br /> <br /> Chirac ? Je n’ai jamais eu sur lui la moindre illusion, et je le traite de « voleur » chaque fois que je parle de lui. Sa suppression du service militaire ne venait donc pas de sa bonté d’âme. Je<br /> lui en veux surtout d’avoir feint de croire, en 2002, que sa réélection lui donnait tous les droits, alors qu’il n’avait gagné que par défaut, grâce aux voix des électeurs qui ne voulaient pas de<br /> Le Pen.
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B
Il me semble que « bourde » peut avoir deux sens : le sens actuel qui est celui d’erreur grossière et le sens ancien qui est celui de mensonge inventé pour abuser quelqu’un. Je ne doute pas que<br /> vous lui attribuiez le sens actuel dans le premier paragraphe de votre billet d’humeur.<br /> Ainsi que vous l’avez si bien décelé, nous n’avons pas de Chirac localement. Mais, génération spontanée ou parthénogenèse aidant, nous ne manquons pas de personnages semblables sinon pires. Chirac<br /> n’est ni un philanthrope ni quelqu’un de désintéressé, le monde entier le sait et l’élection de ce roi fainéant fut une presque catastrophe pour votre pays. À mon avis, si en 1997 le service<br /> militaire fut supprimé en France c’est qu’il y avait de gros intérêts bancaires et capitalistiques qui ont « conseillé » fortement à Chirac de le supprimer. Par exemple provoquer un afflux de jeune<br /> main-d’œuvre peu formée qui ferait baisser les salaires, jugés toujours trop élevés, et rendrait cette masse d’esclaves encore plus taillable et corvéable. Cette mesure fut une bourde et ici le<br /> substantif « bourde » doit être pris dans le sens ancien.<br /> Personnellement j’ai servi dix-huit mois sous les drapeaux. Oui, des instructeurs ont essayé de m’apprendre à conduire : d’abord quelques heures sur un char d’assaut puis quelques jours sur un<br /> camion et finalement sur une 2 CV Méhari à embrayage automatique. Hélas, la couleur kaki ne me convenait pas. En quittant l’armée, j’ai du demander à mon père de m’apprendre à conduire une voiture.<br /> Par conséquent, je considère que j’ai perdu dix-huit mois du bon traitement que j’avais commencé à percevoir pour être à même de conduire un char ou un camion ou une 2 CV. Cela mis à part, vive<br /> l’armée ainsi que gratuitement l’eau, le gaz, le loyer et même les billets d’entrée pour aller m’instruire en regardant un film états-unien...mais un bon. Je l’ai bien mérité.
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Y
Casernes : bien sûr. J’en connais, qui sont devenues subitement vacantes. Par exemple à Granville et à Saint-Lô. Quant à rouler sans permis, ça permettra à ceux qui le font de se croire au<br /> Maroc ou en Inde !<br /> <br /> Mon avenir en politique : non, merci ! Être ministre, c’est ne plus avoir un instant à soi, serrer les mains d’un tas d’inconnus, manger et boire trop pour ne vexer personne, passer sa<br /> vie dans les avions, se lever à des heures indues pour aller pérorer dans les radios-télés et y affronter des journalistes qui ne cherchent qu’à vous coincer, ne plus avoir le temps de lire un<br /> livre ou d’aller au cinéma, et, si on a des enfants, s’exposer à ne plus les reconnaître quand enfin vous cesserez d’être ministre. Sans parler de l’obligation d’obéir, sans cesse, au président et<br /> au Premier ministre, de faire semblant d’être d’accord avec vos collègues, sur tous les sujets, et de ne plus aller voir tel spectacle d’humour parce que l’humoriste tape sur vous et votre<br /> gouvernement. Je devrais me brouiller avec Didier Porte ! « L’horreur », comme disait Brando dans « Apocalypse now »...
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D
Vous en avez de bonnes idées!Présentez-vous donc en 2017, je vote pour vous*.<br /> En attendant, je suis l'heureuse "détentrice"de trois magnifiques garçons en âge de passer le permis...et d'ailleurs je dois dès ce soir les inscrire à l'auto-école.<br /> J'espère que, intelligents comme ils le sont,ils ne vont pas s'y éterniser.<br /> <br /> *Pas la peine de hurler...je sais bien que vous ne brûlez pas d'envie de faire partie de la classe politique (qui a de beaux avantages tout de même, comme par exemple de devenir asseeze vite "beau<br /> comme Cresus"...!).
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D
Je suppose que l'abrogation du service militaire a soulagé le budget de l'Armée de quelques millions d'euros. Ne serait-ce que par la vente des casernes devenues inutiles, etc.<br /> On se retrouve avec de plus en plus de jeunes qui roulent sans permis, faute du budget nécessaire. Cela va devenir un vrai problème un jour.
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