Pouvoir d’achat... en hausse !
Le pouvoir d’achat, c’est la quantité de biens et de services qu’on peut acquérir avec la totalité de nos revenus disponibles après paiement de l’impôt, en comptant les prestations sociales et les revenus du patrimoine éventuel. Le mois dernier, un sondage effectué par « Le Parisien » et BVA indiquait que c’était la première préoccupation des Français – et pas du tout l’immigration ou le mariage gay !
De sorte que les candidats à l’élection présidentielle en ont beaucoup parlé. Pas fous. Les sondages qu’ils font faire, à nos frais quand le candidat est aussi notre président, servent bien à quelque chose : nous donner ce que nous attendons. En foi de quoi, presque tous avaient promis de le « revaloriser » (sic). Voyez Mélenchon, qui nous jurait, avant de prendre sa déculottée d’hier soir, qu’il allait augmenter le SMIC de 22 % (l’argent devait sans doute venir de Mars, avec l’aide de Cheminade, qui y a des amis). Hollande, lui, a promis une revalorisation partielle en indexant le même SMIC sur la « croissance », laquelle ne va pas manquer d’arriver. Quant à Sarkozy, il s’est engagé à augmenter les salaires compris entre 1000 et 1400 euros, à raison de 840 euros par an pour les smicards (ça impressionne davantage que de promettre une rallonge de 70 euros par mois – 46 francs, si vous êtes passéiste – pour ceux qui en gagnent 1000). Normalement, s’il revend sa montre Patek Philippe, il devrait y arriver.
Le hic, c’est ceci : l’INSEE a calculé que le pouvoir d’achat, pour une personne seule, a... augmenté de 0,4 % l’an dernier, de 0,1 % en 2010, et de 0,6 % en 2009. Donc il est en hausse depuis trois ans ; faiblement, mais en hausse.
Corrigeons néanmoins, il s’agit d’une hausse moyenne ! En fait, 1 % des plus riches ont vu leurs revenus progresser de plus de 17 %, tandis que 90 % des plus pauvres voyaient les leurs progresser de 9 % seulement. Les inégalités ont donc la vie dure. Mais ça va changer dans deux semaines au plus tard, on vous le jure.