Sachez voler à la FNAC !
Non, je n’ai jamais volé à la FNAC. En tout cas, pas récemment. Du moins, je ne m’en souviens pas. Pourtant, ma mémoire est bien meilleure que celle de François Hollande, vous savez, le capitaine de pédalo qui oublie ses promesses électorales aussi vite que ses femmes. Quoique celles-ci se chargent parfois de se rappeler à son bon souvenir, à la grande joie du peuple, qui se marre insolemment, au contraire de ses amis qui, feignant de s’indigner, s’écrient que JAMAIS ils ne liront le bouquin de son ex-Dulcinée – à se demander comment il peut être en rupture de stock, à la FNAC justement, ce qui me ramène à mon sujet.
Donc, si votre situation financière est aussi florissante que celle de ce cher et vieux pays après douze ans de gouvernements de droite (Jospin ayant été battu en 2002, non sans être poussé vers la sortie par ses amis « de gauche » comme Jean-Pierre Chevènement et Christiane Taubira), bref, si le drapeau noir, chez vous, flotte sur la marmite, et si le frisson de l’aventure vous tente, voici un conseil qui vous évitera de vous faire piquer – vous aussi. Je précise que je n’ai aucun scrupule à vous le donner, attendu que la FNAC a bien changé depuis l’époque où elle ouvrait son premier magasin au numéro 4 du Boulevard de Sébastopol, modeste local devenu depuis un magasin de chaussures : désormais, ce n’est plus l’endroit où les articles relevant de la culture étaient moins chers qu’ailleurs, c’est devenu au contraire une caverne de voleurs.
Vous le savez, voler à la FNAC n’est pas sans risque : celui de déclencher la sonnerie du portillon de détection à la sortie. Or celui-ci est sensible à un dispositif antivol, contenu dans une pastille magnétique, toujours collée sur l’emballage ; parfois sous l’étiquette, pour les livres. Il s’ensuit que c’est l’emballage ou l’étiquette qui sont protégés contre le vol. Pas l’article lui-même !
Dès lors, la solution est évidente, à condition d’avoir sur vous l’instrument universel : un cutter. En effet, chacun sait qu’ouvrir les emballages de ce qu’on achète, que ce soit un DVD ou un paquet de biscuits, est devenu plus difficile, si on a ses mains et rien d’autre, que forcer un coffre-fort de la Banque de France. Donc, ne vous lancez pas dans l’aventure, comme ils disent sur Télé-Poubelle, sans cet accessoire indispensable (les cons disent « incontournable »). Ainsi équipé, supposez que désiriez faire l’acquisition d’un DVD, d’un câble USB ou de tout autre objet sous emballage en plastique. Prenez l’objet de vos convoitises, gagnez un coin discret où vous vérifierez qu’il n’est pas surmonté d’une caméra de surveillance, placez-vous derrière un groupe de clients qui pourront vous masquer, puis éventrez sans hésitation l’emballage dénonciateur. Pour les livres, il vous faudra consentir un petit sacrifice : arrachez carrément la quatrième page de couverture. Faites cela vite et bien, il y a peu de chances que vous soyez dénoncé par les autres clients, au cas où ils vous verraient, attendu que les Français, depuis la fin de l’Occupation, sont terrorisés à l’idée d’être tenus pour des délateurs (peu de risque que le magasin soit bourré de sympathisants du Front National).
Cela fait, le produit de votre larcin sera indétectable à la sortie. Empochez-le ou mettez-le dans votre sac, et sortez la tête haute. Si d’aventure on vous arrêtait pour vérifier vos poches ou vos affaires, criez bien haut que vous aviez l’objet en entrant et que vous l’aviez acheté ailleurs. Le scandale effraie toujours les patrons de magasin, et, à tout prendre, ils préfèrent qu’on les vole. De toute façon, ils ont inclus dans le prix de leurs articles ce supplément qu’ils appellent « la démarque inconnue », histoire de compenser leurs pertes. C’est une arnaque, et voler un voleur, ce n’est plus voler, comme me le disait hier Thomas Thévenoud, éphémère ex-secrétaire d’État, congédié pour avoir eu, lui aussi, des trous de mémoire, mais à propos de ses impôts.