« Sous le choc », comme d’habitude
Aujourd’hui, sur France Inter, j’ai entendu au moins une demi-douzaine de fois les expressions « sous le choc » ou « en état de choc », principalement à propos des attentats à Copenhague, et aussi pour les (presque quotidiens) noyés de Lampedusa. Or j’ai parlé de cette manie journalistique un nombre incalculable de fois.
Rappelons donc qu’il n’y a pas d’état de choc collectif, sauf cas de bombardement massif d’une ville. Seul UN individu peut se trouver en état de choc, qui est un état relevant de la psychiatrie. Et un individu en état de choc ne parle plus, ne dort plus, ne mange plus, erre comme un zombi, il ne ressemble pas du tout à ce qu’on peut voir dans les rues de Paris ou de Copenhague après un attentat, même meurtrier comme celui de « Charlie-Hebdo ». On n’est sous le choc que si on a été atteint soi-même ou via un membre de sa famille ; pas après avoir appris une nouvelle à la radio ou à la télévision. Un badaud est un badaud, pas un malade qu’on doive hospitaliser. Il est très malhonnête de vouloir nous faire avaler que la population d’une ville entière, voire d’un pays, soit à ce point atteinte après deux attentats ayant causé DEUX morts que, soyons réalistes, presque personnne ne connaissait.
Bref, tout cela, c’est du battage médiatique, et rien de plus.