Toubon, c’est tout bon !
On s’échine ici à vous persuader que nos ministres sont gens compétents. Vous n’allez tout de même pas me dire que Bernard Kouchner n’était pas un aigle au Quai d’Orsay ; que Roselyne n’a pas fait merveille partout où elle est passée ; que Xavier Bertrand, qui n’a pas songé à faire interdire un « médicament » ayant tué deux mille personnes, n’est pas un bienfaiteur ; ni que MAM n’a pas su porter au pinacle la réputation de la France dans les pays arabes !
Et les anciens ministres, me direz-vous ? Pareil. Tenez, prenez Jacques Toubon. Si vous avez oublié qui était Jacques Toubon, rappelons qu’il a été ministre de la Culture, tout comme ces cadors (on n’a que ça) que furent François Léotard, Jean-Jacques Aillagon, Philippe Douste-Blazy ou Catherine Tasca. Sans compter André Bettencourt, si-si ! le mari de Liliane, qui n’a fait qu’un intérim quand Edmond Michelet est tombé malade. C’est Jacques Toubon, ministre entre 1993 et 1995, qui avait prescrit que les modes d’emploi des appareils vendus en France devraient être écrits en français, et tout le monde peut constater que cette mesure a un effet miraculeux : depuis cette époque, finis, les manuels d’instruction traduits du coréen par un Russe ayant fait ses études en Patagonie !
M. Toubon, on l’ignore trop, est membre de la commission Hadopi. C’est dire s’il connaît le sujet du piratage et possède à fond l’essentiel de l’informatique. En foi de quoi, il a donné une interview à « Édition Multimédi@ », où il affirme que le streaming « est inclus dans la loi existante » contre le piratage et qu’une simple « extension réglementaire sera nécessaire pour y appliquer » la célèbre riposte hadopienne. Or les décrets d’application de la loi ignorent le streaming et ne visent que le peer-to-peer : cela évite d’avoir créé un décret qui aurait ajouté au ridicule de la situation. Il n’existe en effet aucune possibilité technique pour empêcher le streaming, et s’il en existait une, elle empêcherait le streaming légal : toute lecture des vidéos sur YouTube et DailyMotion deviendrait impossible. Aucune possibilité légale non plus, la consultation n’étant pas un délit, et la loi ne pouvant réprimer le fait de LIRE UNE ŒUVRE !
Sans compter que pouvoir prendre sur le fait quelqu’un qui regarde une vidéo ou écoute une chanson ne peut pas être réalisé, à moins de mettre un policier derrière chaque citoyen...
En somme, Toubon et toute la commission Hadopi cherchent à nous faire peur, au prix de quelques mensonges.