Un « saint » Louis peu recommandable

Publié le par Yves-André Samère

Élevé par une mère espagnole rigoriste, Blanche de Castille, qui détestait sa belle-fille au point d’interdire à son fils de voir son épouse adorée dans la journée, le roi Louis IX (que je refuse d’appeler « saint Louis », non mais !) a tourné au malade mental – ce qu’on se garde bien de dire publiquement, alors que c’est évident. Son obsession : ne pas tolérer qu’existe en France une autre religion que la sienne, le catholicisme. Cela s’est donc traduit sur trois plans.

Sur le plan judiciaire, le roi a interdit le blasphème. À la première incartade, on vous exposait au pilori : attaché sur un cadre de bois, en public et durant plusieurs heures, avec éventuellement des boyaux de cochon enroulés autour de votre cou (!), vous étiez exposé aux sarcasmes et aux insultes du populo, qui ne manquait pas de vous bombarder d’œufs pourris et de fruits moisis. Mais, dès la récidive, on vous coupait la langue ou on vous brûlait les lèvres au fer rouge. Charmant.

Sur le plan social, on faisait la chasse aux Juifs, coupables, comme on sait, d’avoir tué Jésus, selon les radotages d’un autre « saint », Saül de Tarse, dit Paul, le véritable créateur de la religion chrétienne, par ailleurs obsédé sexuel et ennemi acharné de l’apôtre Simon-Pierre, qui s’appelait en réalité Céphas – ce Simon-Pierre qu’on fait passer pour le premier pape PUISQUE évêque de Rome, alors qu’il n’a passé que deux jours dans cette ville. C’est Louis IX qui a inventé l’ancêtre de l’étoile jaune imposée aux Juifs : un cercle de couleur cousu sur leurs vêtements. Mais, ne perdant pas le nord, il leur confisquait aussi leurs biens, pour subventionner ses diverses entreprises, comme la construction de la Sainte-Chapelle à l’intérieur de son propre palais, et le financement de ses deux croisades. Voleur et fanatique religieux, cela commence à peser.

Et donc, troisième point, la guerre faite aux musulmans, de Palestine d’abord, de Tunisie ensuite. Le prétexte de ces expéditions rebaptisées croisades était de « défendre les lieux saints » (prétendus), qui n’étaient nullement menacés, prétexte qui cachait en fait un objectif sordide : faire main basse sur les richesses des Arabes de la région, lesquels étaient alors, soit dit en passant, bien plus civilisés que les Européens de l’époque. Ces razzias nous valurent jusqu’à maintenant la haute considération des Arabes, y compris de ceux qui sont chrétiens. Et, pour les Français, ce furent deux bides sanglants. La première croisade éloigna Louis IX durant six ou sept ans, laissant la régence de France à sa mère (pas à sa femme !), et causa la mort de nombreux chevaliers français, et la seconde, pour laquelle les chevaliers traînèrent les pieds, lui coûta la vie, à Tunis. Un triomphe sur tous les plans !

Ce merveilleux bilan, qui valait bien qu’on en fasse un saint, fut heureusement contrebalancé par l’action de Louis IX en matière de justice : non, il ne rendait pas la justice « sous un chêne », mais il supprima les épouvantables ordalies (cherchez un peu de qu’étaient ces ignominies, considérées comme le jugement de Dieu – sic), et fit instaurer les jugements en appel, qui n’existaient pas jusque là.

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