Une nouvelle « chanteuse », Lana Del Rey
Une industrie qui ne connaît pas la crise – et je m’étonne que Sarkozy n’y ait pas songé –, c’est la fabrication de vedettes bidons ! Hier soir, sans le vouloir, j’en ai déniché une (une vedette, pas une industrie), et elle n’était pas piquée des vers.
En général, je ne regarde pas la seconde partie du Grand Journal, parce qu’elle est toujours consacrée à la pub d’une vedette quelconque, et que regarder cela, c’est une occupation dont le côté tarte n’échappe à personne. Mais, hier soir, j’avais quelques minutes entre le Petit Journal et Kamel le Magicien (qui ferait bien de cesser les débordements d’enthousiasme dont il est coutumier, car, avec le talent qu’il a, on n’a pas besoin d’en faire des tonnes). J’ai donc subi le numéro de chant de la vedette du jour, une certaine Lana Del Rey, dont je n’avais jamais entendu parler, et, après l’avoir ouïe chanter, j’ai compris pourquoi.
Cette fille a une vingtaine d’années, elle est plutôt jolie, mais, au lieu de faire mannequin comme tout le monde, ou bien du cinéma (mais elle a prétendu que ça ne l’intéressait pas, la menteuse), elle s’est lancée dans la chanson. Ou, pour être plus exact, un éditeur de disques a estimé qu’elle avait une tête à chanter – tout comme, naguère, l’éditrice Françoise Verny disait aux candidats à l’écriture : « Toi, mon petit, tu as une tête à écrire ! », et c’est ainsi que le petit Alexandre Jardin s’est mis à publier de mauvais romans et à faire de mauvais films (non, je ne sais pas si elle a lancé Marc Lévy).
Bref, on a fait enregistrer un disque à cette pauvre Lana, qui ne s’appellera jamais Turner, et c’est là que nous entrons dans le mystère le plus épais : la malheureuse chantait abominablement faux. Notez que cela n’a aucune importance, puisque, autour d’elle, tout le monde semblait très content de sa prestation, et que le public a manifesté son hystérie habituelle (le chauffeur de salles le fait répéter avant l’émission, et on prend soin de ne recruter que des sourds).
Mais enfin, il y a des précédents. Naguère, au Festival de Cannes, on avait pu entendre Jeanne Moreau chanter en duo avec Vanessa Paradis, et c’était pire, puisqu’elles étaient deux ! Pour comble, elles étaient accompagnées d’un guitariste, et comme les deux « chanteuses » avaient démarré dans des tonalités différentes, il n’avait jamais pu se décider. Si bien que, pour ne vexer ni l’une ni l’autre, il avait joué dans une troisième. Un diplomate.