Volcans inscrits au patrimoine mondial
L’UNESCO, créée en 1945, qui siège à Paris et dépend des Nations-Unies, est chargée de « contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations ». Intention sous-jacente, « assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion ». Ouf. Et notez au passage que l’absurde notion de race n’est pas prohibée dans cette définition.
En fait, l’UNESCO est aussi un fabuleux fromage, une entreprise de placement des copains, et cela s’est bien vu quand son directeur général était Federico Mayor Zaragoza, qui occupa le poste entre 1987 et 1999. Cet Espagnol multiplia les scandales et les actes de copinage : c’est lui qui avait proposé le président de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, pour le Prix Nobel de la Paix, que ce politique retors, grand expert dans l’art de tondre les citoyens de son pays sans néanmoins les écorcher, désirait passionnément mais qu’il ne décrocha jamais, ne déclenchant qu’une tempête de rires. Les magouilles accumulées par Mayor et dénoncées un peu partout ne l’empêchèrent pas de rester douze ans à ce poste, car il avait arrosé tout le monde, alors que seul son prédécesseur, Amadou-Mahtar M’Bow, avait réussi à tenir plus longtemps, treize ans.
L’une des activités de l’UNESCO consiste à « classer » divers lieux et activités en les considérant comme indispensables à l’humanité. L’une de ces dernières initiatives a été, ainsi, de placer la gastronomie française au patrimoine de l’humanité. Sic. Mais elle vient de faire encore mieux, en acceptant la candidature des... volcans d’Auvergne ! Officiellement, il s’agit de la chaîne des Puys et de la faille de Limagne, et le directeur du Centre du patrimoine mondial, Kishore Rao, a confirmé que « l’ensemble tectono-volcanique de la chaîne des Puys et de la faille de Limagne remplit tous les impératifs techniques décrits dans les orientations concernant le caractère complet des propositions d’inscription sur la liste du patrimoine mondial ». Cette phrase à rallonge ne mérite-t-elle pas, elle aussi, d’être inscrite quelque part ?
Le Comité du patrimoine mondial se prononcera sur cette candidature dans un peu plus d’un an. Je suppose qu’il ne se montrera pas trop pointilleux sur la véritable signification du mot patrimoine, qui désigne un bien reçu de ses parents en héritage, et, par extension, des trônes, charges ou prérogatives transmises héréditairement. On hérite souvent d’un volcan ? Moi, je trépigne d’impatience, mais, à mon avis, rien ne presse vraiment, les volcans ne se réveilleront pas entre-temps.