Yannick Agnel et Nabokov

Publié le par Yves-André Samère

De ces deux nageurs de niveau olympique, autant j’apprécie Yannick Agnel, autant je dédaigne Florent Manaudou, ce médiocre tatoué, trimballant ses piercings. Vous imaginez Manaudou lisant Nabokov ?

Moi aussi, j’ai un faible (très fort) pour Nabokov. Pas tant pour Lolita, qui me laisse froid (il a également écrit le scénario du film de Kubrick, et ça traîne vraiment en longueur, ce qui s’ajoute aux faux raccords commis par le réalisateur), mais lisez Ada ou l’ardeur, et vous m’en direz des nouvelles ! Nabokov est l’écrivain le plus libre qui soit, et je crains de m’être appuyé sur son exemple pour farcir mes petits écrits de ces parenthèses, de ces tirets et de ces points d’exclamation et de suspension qui agacent tant de gens (mais lui en utilise beaucoup plus). Vladimir Nabokov a réussi cet exploit d’être un grand écrivain dans trois pays et trois langues, successivement. Il a commencé en Russie et en russe, continué en France et en français, terminé aux États-Unis et en anglais. C’est unique dans l’histoire.

Je me suis aussi appuyé sur une de ses études pour me faire mon opinion concernant la traduction des œuvres étrangères. Pour simplifier, Nabokov y disait qu’à son avis (de spécialiste, puisqu’il fut aussi traducteur, de Pouchkine si je ne me trompe pas), il ne fallait surtout pas interpréter la pensée de l’auteur, mais la traduire aussi littéralement que possible. Comprenez : le traducteur ne doit pas s’immiscer entre l’auteur et le lecteur, il ne doit pas imposer son style ou sa vision des choses, il doit modestement rester à sa place. En général, les traducteurs font le contraire, surtout au cinéma, d’ailleurs.

Autre point : pour être un traducteur efficace, mieux vaut connaître la langue cible plutôt que la langue source. Autrement dit, si vous traduisez de l’anglais vers le français, le plus important est de bien comprendre, non pas seulement l’anglais, mais surtout le français ! Pourquoi ? Parce que, comprendre ce qu’a voulu dire l’auteur, vous pouvez toujours y parvenir, même si vous connaissez mal sa langue (il y a des ouvrages de référence pour vous aider), mais pour mettre sur pied la traduction, il faut maîtriser parfaitement la langue de destination. Savez-vous que, lorsque Boris Vian a voulu traduire Mademoiselle Julie, pièce de Strindberg écrite en suédois (en 1888), il ne connaissait pas un mot de cette langue ? Il s’est servi d’une traduction en anglais... Évidemment, c’est un cas extrême. Mais sa traduction a bel et bien été jouée au théâtre. Je l’ai, il faudrait que je la relise.

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Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
C’est ce que je voulais dire, et que tout le monde a vérifié durant ses études.
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D
Il faut connaître parfaitement la langue de destination, c'est sûr. D'ailleurs, le thème est beaucoup plus difficile que la version.
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