Supériorité linguistique de nos élites
Il avait raison, hier, Gilles Kepel, sur Canal Plus, en remarquant que les ennuis de la France avec le terrorisme proviennent en partie d’un défaut de culture, qui font que nous ne savons RIEN de la civilisation arabo-musulmane et ne cherchons pas à savoir. Nous sommes bien trop supérieurs à tous ces sauvages, c’est évident.
Voyez plutôt nos politiques et nos gens de médias. Il y a plusieurs dizaines d’années, voire davantage, que des centaines de milliers d’Arabes et de musulmans vivent en France, mais nos prétendues élites ne se sont jamais donné la peine de seulement apprendre à prononcer les mots de leur langue (du japonais non plus, d’ailleurs, en dépit de la simplicité de prononciation du vocabulaire nippon, et nous avons entendu des milliers de fois, ces jours-ci, le ridicule kamikaz’, alors que le monde entier prononce correctement « kamikazé »). Jamais vous n’entendrez articuler proprement des prénoms comme Ahmed, ou Hassan, ou Mohammed, ou Fatiha, ou Salah, ou les adjectifs ultra-répandus comme kebir et seghir (même toubib, on l’écorche !), et on nous bassine avec « le prophète Mao-Mé », expression qui fait tordre de rire les arabisants.
Jusqu’aux Arabes assimilés chez nous, qui ne connaissent plus leur langue d’origine. Au Petit Journal, ils ont un nouveau journaliste, Azzedine Ahmed Chaouch, qui écorche systématiquement tous les noms arabes cités dans ses comptes-rendus. Et ce nouveau ministre du Travail, Myriam El Khomri, celle qui s’est brillamment illustrée face à Jean-Jacques Bourdin la semaine dernière ? Elle n’est seulement pas capable de prononcer son propre nom !
Tous ces grands esprits bardés de diplômes et sortis de grandes écoles, ils ne peuvent pas se renseigner un peu sur ce qui se fait en dehors des beaux quartiers de Paris ? Alors que de modestes citoyens n’ayant pas fait d’études supérieures peuvent le faire et prononcer convenablement l’arabe, pourquoi pas eux ?