Haro sur les héritages !
Bien que devant hériter de la moitié de la fortune que me laissera ma tante Liliane (la moitié, puisqu’elle a une fille, et que la réserve attribue une part à toute personne choisie en dehors des héritiers légaux), et que, par ailleurs, l’État pompera 60 % de ma part comme il le fait pour les bénéficiaires qui ne sont pas les descendants du testataire, je suis assez opposé au principe même de l’héritage.
Ce système permet, à des individus ne s’étant donné que la peine de naître, de se retrouver à la tête de fortunes indécentes, et, en prime, de devenir propriétaires des droits légaux sur les œuvres de leur parent, si celui-ci était un artiste. Voyez la veuve d’Hergé, qui ne saurait tenir un crayon, et qui poursuit en justice quiconque utilise les personnages de son défunt mari. Ou le petit-fils d’Agatha Christie, seul héritier, et en ligne directe, de la romancière, qui, sans rien faire, a légalement siphoné l’intégralité de sa fortune – immense, puisque les livres de Dame Agatha se vendent presque autant que la Bible !
Chez les héritiers des empires industriels, combien se sont avérés incapables de gérer leur fortune aussi bien que leur père ? Ce ne sont pas les milliers d’employés de Lagardère qui diront le contraire. Même si Martin Bouygues, de son côté, ne s’est pas si mal débrouillé.
Bref, instaurer une taxe très lourde sur les héritages serait une mesure sociale de première importance. Impossible à créer chez nous ? Pour une fois, imitons les États-Unis, où déshériter ses enfants est tout à fait possible.
(Zut, voilà que je dis du bien des États-Unis. Je promets de ne pas récidiver)