Il y a « saint » et « Saint »
Supposez que, dans un de mes petits écrits, je cite Saint-Eustache. Comme je l’ai orthographié en séparant les deux mots par un trait d’union, qu’ils sont tous deux ornés d’une majuscule, et que, cerise sur le catho, vous êtes plus cultivés qu’un rappeur ou que Frédéric Lopez et Cyril Hanouna réunis, vous avez compris que je parlais d’un lieu, une église, et pas du personnage nommé Eustache qui s’était fait canoniser par les charlatans vaticanesques. Lui, c’est « saint Eustache », sans trait d’union ni majuscule sur le premier mot.
C’est ainsi, les noms propres utilisés comme noms de lieux comprennent des traits d’union et des majuscules partout. De sorte qu’on écrira « Bibliothèque Nicolas-Sarkozy » dès que notre ex-chef d’État aura cassé sa pipe. Et, parlant du pape, il est absurde d’écrire « le Saint-Père », comme dans les journaux mal écrits. En réalité, c’est « le saint père ».
Je sais, tout le monde fait la faute. Mais ce n’est pas une excuse.