Les premiers fours crématoires
Cette monstruosité que furent les fours crématoires n’a pas été inventée par les nazis. En fait, ils existaient... deux siècles avant. Et ils sont nés en France ! En Vendée très précisément.
La Vendée, aux yeux des révolutionnaires, apparaissait comme l’un des repaires du cléricalisme, hostile aux Lumières de la Révolution, et cette opinion fut partagée par bien des gens éclairés, ou qui croyaient l’être. Par exemple Michelet, qui n’y voyait que le dépotoir de l’Ancien Régime royaliste. C’était faux : même un partisan de la Révolution comme l’abbé Grégoire a témoigné du contraire, et que la persécution des révolutionnaires, après avoir doublé les impôts appliqués à la région et avoir renforcé la conscription, y a « tout détruit ». À partir de 1793, l’Assemblée ordonna de faire de cette province « le cimetière de la France », et le révolutionnaire Barrère s’écria « Détruisez la Vendée ! ». On ne connaissait pas encore le mot génocide, qui désigne la destruction systématique d’une population pour la seule raison qu’elle existe, mais c’en fut bien un.
Le 31 janvier 1794, l’officier de police Gannet rapporta qu’un certain Anney fit « allumer les fours et, lorsqu’ils furent bien chauffés, il y jette femmes et enfants ». Comme le policier le lui reprochait, il rétorqua que « c’était ainsi que la République voulait faire cuire son pain ». Il paraît que « les cris de ces misérables ont tant diverti les soldats et Turreau qu’ils ont voulu continuer ces plaisirs ». Il y eut vingt-trois femmes brûlées, et les soldats menacèrent de faire subir le même sort aux policiers s’ils tentaient d’imposer leur autorité. Mais il y eut d’autres cas similaires, on ignore combien.
Les Vendéens furent massacrés par dizaines de milliers. Parce qu’ils étaient royalistes ? Pas uniquement. La légende racontait que la Vendée avait été peuplée par une très ancienne tribu, les Colliberts, puis par une peuplade monstrueuse, les Cagots, qui n’avaient pas le droit d’entrer dans les églises par la porte principale, pas le droit de toucher les rambardes des ponts, pas le droit de cultiver la terre, et autres élucubrations qui préfiguraient les sottises servant à persécuter les Juifs en Allemagne nazie.
Le plus fort est que ces persécutions, qui rappelaient les dragonnades contre les protestants faites sous Louis XIV, sont encore censurées ! La Révolution française ? Intouchable ! Il faut bien exporter les produits idéologiques français...