Lire les « bons » journaux
(Attention, cet article contient quelques traces de philosophie. Déconseillé aux enfants)
J’aime trouver ici des commentaires à mes petits écrits. D’abord, parce que certains de mes lecteurs sont des amis personnels. Ensuite, parce que j’ai plaisir à leur répondre. Enfin, parce que c’est pour moi une occasion de réfléchir sur ma façon de penser. Ainsi, il y a quelques jours, en réponse à une notule où je disais quelques mots gentils sur l’hebdomadaire « Valeurs actuelles », mon ami Damien s’est étonné : il ignorait que je lisais ce journal très à droite, dont les idoles sont Sarkozy et Zemmour.
Je ne suis pas de droite, je le répète assez souvent. Mais pourquoi quelqu’un qui pense à gauche devrait-il s’abstenir de lire des journaux dont il ne partage pas les opinions ? Durant des décennies, les communistes ne lisaient que « L’Humanité », pas « Le Figaro », alors que les gens de droite étaient rarement abonnés au « Canard enchaîné » ou à « Libération ». Pourquoi ?
La raison me paraît être celle-ci : l’être humain lit principalement les publications qui confortent les opinions qu’il a déjà ! Et, dans ses lectures, il recherche une confirmation de ce qu’il pense, pas la contradiction à ses idées. Comme disait un personnage de Gilbert Cesbron (je crois que c’était dans l’excellent roman Notre prison est un royaume), « On ne sait pas quoi penser quand on n’a pas son journal habituel ». Bien vu. Quoique cela rend inutile la lecture des journaux qui nous sont sympathiques !
Il se trouve que les textes contraires à mes idées me fournissent des arguments pour affûter mon raisonnement, si j’ose ce langage prétentieux. Je crois que j’aurais aimé être avocat, pour tailler en pièces la partie adverse.