Parlons mariage
La Constitution de 1958 ne fait aucune référence au mariage, et seul son article 34 y fait une allusion, mais indirecte : il indique que les régimes matrimoniaux procèdent de la loi. Il a donc été impossible à la droite de faire annuler par le Conseil constitutionnel la nouvelle loi sur le mariage homosexuel.
Mieux : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen n’en parle pas davantage, pas plus que le préambule de 1946, qui dit seulement que « la Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement ». Or aucun texte ne définit la famille comme l’union d’un homme et d’une femme.
Dans ces conditions, les excités qui braillaient que le nouveau mariage mettrait en danger la famille ne peuvent se référer à aucun texte de loi. Si bien que, lorsque l’extrême droite annonce son intention, si elle parvenait au pouvoir, d’annuler les mariages déjà célébrés et qui lui déplaisent si fort, elle ne fait que de l’agitation stérile, car elle ne pourrait pas réaliser ce projet. Il n’existe aucun principe fondamental quant au caractère hétérosexuel du mariage.
En passant, la Constitution implique de prendre en considération l’intérêt de l’enfant, mais ne proclame nullement un prétendu « droit à l’enfant ». L’adoption reste possible pour tous les couples, mais pas la procréation médicalement assistée (qui reste réservée aux cas médicalement constatés d’infertilité pathologique d’un couple, par conséquent hétérosexuel, marié ou pas), ni la gestation pour autrui.