Parlons mariage

Publié le par Yves-André Samère

La Constitution de 1958 ne fait aucune référence au mariage, et seul son article 34 y fait une allusion, mais indirecte : il indique que les régimes matrimoniaux procèdent de la loi. Il a donc été impossible à la droite de faire annuler par le Conseil constitutionnel la nouvelle loi sur le mariage homosexuel.

Mieux : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen n’en parle pas davantage, pas plus que le préambule de 1946, qui dit seulement que « la Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement ». Or aucun texte ne définit la famille comme l’union d’un homme et d’une femme.

Dans ces conditions, les excités qui braillaient que le nouveau mariage mettrait en danger la famille ne peuvent se référer à aucun texte de loi. Si bien que, lorsque l’extrême droite annonce son intention, si elle parvenait au pouvoir, d’annuler les mariages déjà célébrés et qui lui déplaisent si fort, elle ne fait que de l’agitation stérile, car elle ne pourrait pas réaliser ce projet. Il n’existe aucun principe fondamental quant au caractère hétérosexuel du mariage.

En passant, la Constitution implique de prendre en considération l’intérêt de l’enfant, mais ne proclame nullement un prétendu « droit à l’enfant ». L’adoption reste possible pour tous les couples, mais pas la procréation médicalement assistée (qui reste réservée aux cas médicalement constatés d’infertilité pathologique d’un couple, par conséquent hétérosexuel, marié ou pas), ni la gestation pour autrui.

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Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Si le texte sur le "mariage pour tous" avait eu une faille, les opposants s'y seraient engouffrés avec délectation. Le mariage, qui dépend du Code Civil, n'est que l'officialisation d'une alliance entre deux personnes. Alliance qui codifie les droits et devoirs réciproques.<br /> Quand on pense au partenaire "veuf" ou "veuve" qui se trouvait dépouillé de tout, même d'une quelconque pension de réversion, par les héritiers de celui qui venait de décéder. Combien se sont retrouvés avec une valise ? Car dès qu'on parle héritage, pas de quartier !<br /> Le mariage sert à cela. Quant au "droit à l'enfant" cela me semble un peu incohérent. Si je vivais avec une femme, je vois mal comment nous pourrions procréer. Pareil, bien sûr, entre deux hommes. L'adoption peut en effet assouvir ce "besoin d'enfant". Mais le reste... le summum étant la GPA. Pourquoi ne pas imaginer carrément des cliniques avec des femmes-bétail ? Au moins cela ne serait pas hypocrite. Je suis persuadée que certains y ont déjà pensé.
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Y
Himmler y avait pensé, avec les Lebensborns.
J
Nom d'un chien, le droit public me poursuit jusque sur votre blog. Il me reste d'ailleurs trois jours pour devenir expert en jurisprudence administrative. Un signe du ciel sans doute.
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Y
Je n’ai pas tout compris, mais j’aime quand on fait mon éloge.
D
Mon pauvre "j'ai raison", je compatis sincèrement. Heureusement, monsieur YAS a d'autres cordes à son arc, pour vous détourner des méandres de la jurisprudence administrative (mondieu mondieu, quel courage).
Y
Je ne fais pas exprès !