« Faire sens » ?
On entend ou on lit de plus en plus souvent l’expression « faire sens ». Par exemple, elle se trouve cette semaine en première page du « Canard enchaîné », en colonne 3, dans l’article d’Érik Emptaz, rapportant un propos de Gilles Carrez, adressé à Juppé.
C’est comme souvent : un tic, un effet de la mode, une de ces expressions inutiles qu’on emploie pour montrer qu’on n’est pas largué et qu’on est conscient que « la langue doit évoluer », comme dit cet escroc d’Alain Rey – qui a un dictionnaire à vendre, donc il faut faire du battage.
En vérité, on se contentait auparavant de parler un français simple, correct, que chacun comprenait, et faire sens, qui n’est que du jargon, peut (doit) se remplacer aisément par avoir du sens. Car enfin, si on crée un terme nouveau, encore faut-il qu’il apporte quelque chose. Mais là, rien. Ce n’est pas incorrect, c’est superflu. Et comme disait Diogène en brisant son écuelle, il avait « encore du superflu ».
Donc on peut (doit) s’en passer !