Buisson ardent
J’ai depuis ce matin le livre de Patrick Buisson, La cause du peuple (titre provocateur, car c’était celui d’un journal créé par George Sand, puis celui d’un journal gauchiste en 1968, maintes et maintes fois saisi par le Pouvoir gaulliste de l’époque. Comme quoi, De Gaulle a toujours défendu la liberté de la presse – défendu au senns d’interdire, bien entendu !).
Buisson, autrefois à la tête du journal d’extrême droite « Minute », et qui espionnait Sarkozy au temps où il était son conseiller très privé (son Dictaphone est devenu célèbre), est sans doute un personnage qu’on n’aimerait pas avoir dans ses relations, mais... il sait écrire. Et voici comment il commence son livre : « “J’entrerai dans le Paradis avec une couronne d’étrons”, claironnait Léon Bloy au crépuscule de sa vie. Bien que j’ignore pour ma part quelle sera, du ciel ou de l’enfer, la destination finale, je sais au moins que, pour le grand voyage, j’ai déjà l’équipement. Me faudrait-il saluer les sycophantes aux motivations disparates, qui m’en ont gracieusement ceint, que je ne saurais par qui commencer. Tant l’on apprend, en de telles heures, quelle source de contrariété on a pu être pour une multitude qui, communiant dans une unanimité tabassante, fait de vous un proscrit et un mécontemporain ».
Je connais des tas d’écrivains qui ne s’expriment pas aussi bien. Et je ne parle pas des ministres et des humoristes !