L’insuccès, c’est la victoire !

Publié le par Yves-André Samère

Depuis plus de cinquante années, en Colombie, les FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, d’extrême gauche) menaient une guérilla contre le gouvernement. Or le président actuel, Juan Manuel Santos, qui est de centre droit, a réussi à conclure un accord de paix avec ce mouvement. Et, démocrate comme pas un, il a décidé de soumettre cet accord au peuple colombien, via un référendum.

Et voilà-t-il pas que le populo refuse cet accord ! Quoi ? Les Colombiens, incarnation de la paix comme leur nom l’indique, estiment que la guerre n’a pas duré assez longtemps ? Pourtant, ils ne sont pas salafistes !

En bon français, on appellerait ça « un bide » pour le président colombien. Mais les observateurs politiques, dont on sait combien ils sont intelligents, estiment plutôt, eux, que c’est « un encouragement ». À quoi ? Pas à se chicorner un demi-siècle de plus, mais à « continuer les négociations ». Dans certains milieux de plumitifs, on adore les négociations, surtout lorsqu’elles se prolongent quelques dizaines d’années, c’est la source assurée de belles chroniques écrites ou parlées, et rétribuées, donc un rempart contre le chômage des blablateurs.

Je m’adresse à toi, juvénile Casanova qui, le matin dans ton miroir, croit voir en ton reflet l’incarnation de la perfection teenageresque, et qui, ayant entrepris de séduire une fille, vient de te ramasser un rateau – car elle voit plutôt en toi un blaireau de première catégorie –, prends-en de la graîne, car, ce faisant, elle t’encourage à continuer les négociations. Mais les filles, tu le sais, prennent toujours des détours en vue de t’ouvrir leur cœur.

Et donc, fais comme en Colombie : persévère ! Comme a oublié d’écrire George Orwell dans 1984, « L’insuccès, c’est la victoire ! ».

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