Les deux imposteurs : 1C - De Gaulle
Il y a huit jours, samedi 8 octobre, l’hebdomadaire « Marianne » publiait un article intitulé Guerre d’Algérie : qui a laissé massacrer les harkis ?, article qui était un chef-d’œuvre de tartufferie, et une illustration de cette tare de la presse française, toujours soucieuse de ne jamais mettre en cause les grands personnages de la politique. Vous savez bien, le truc qui consiste, lorsqu’un homme politique REFUSE de répondre à une question, de dire ou d’écrire qu’il n’a pas souhaité répondre. Téméraires, nos journalistes.
Eh bien, l’auteur de cet article a osé écrire ceci : « Après le référendum du 1er juillet 1962 et la proclamation de l’indépendance, l’armée française ne pouvait sortir de ses casernes sans l’aval de l’exécutif provisoire algérien puis du gouvernement de Ben Bella. La responsabilité du pouvoir gaulliste ne peut donc être directement alléguée ». Ben voyons, le gouvernement français, et l’homme providentiel qui décidait de tout en France à cette époque, ne sont pour rien dans les massacres de dizaines de milliers d’innocents. Et vous aurez beau scruter à la loupe cet article, nulle part vous n’y trouverez le nom de De Gaulle.
De son côté, Hollande, en déclarant publiquement que « la France » avait abandonné les harkis à leur sort, qui était d’être égorgés, mutilés, éventrés, émasculés, brûlés vifs, s’est bien gardé de rappeler qu’en 1962, un seul homme prenait toutes les décisions, surtout les pires, et que nul, à la tête de l’État, n’osait contredire De Gaulle, et encore moins lui désobéir.
Même silence pudique dans les radios et les télévisions. À croire que De Gaulle n’a jamais existé. Mais, comme on dit fréquemment, c’était mieux avant.