Fuyez CanalSat !
Lorsque je me suis installé à Paris, j’ai découvert que mon appartement ne pourrait pas recevoir la télévision, car il n’existait aucune antenne-rateau sur le toit. En revanche, l’immeuble était câblé par Noos, l’ancêtre de Numéricable, ce qui me permettait d’avoir à la fois Internet et la télé par câble. Je me suis abonné aux deux. Principal inconvénient, les films en version originale, via le câble, offraient des sous-titres en lettres blanches sur fond noir, ce qui est assez désagréable à regarder. Mais je me suis habitué.
Puis les pannes chez Noos se sont multipliées, jusqu’à trois jours de coupure totale (un de mes amis a connu une panne de neuf jours), et, un sale après-midi, la télévision a cessé de fonctionner : méga-panne ! J’ai alors pris ailleurs un abonnement ADSL à Internet, et, sur le conseil de cet ami, me suis abonné à CanalSat, filiale de Canal Plus. Naturellement, j’ai dû faire installer une parabole sur le toit. Cette fois, j’avais des sous-titres sans fond noir, ce qui constituait un progrès. Hélas, assez vite, j’ai été agacé par les coups de téléphone trimestriels de casse-pieds qui s’annonçaient par un « Bonjour, je suis votre conseiller CanalSat ! ». J’avais donc une armée de conseillers, comme un ministre ? En fait de conseillers, uniquement des camelots sous-payés, cherchant à me fourguer des options supplémentaires – et payantes – à mon abonnement. J’avais beau leur dire que je ne leur achèterais jamais rien et que je les priais de ne plus me rappeler, rien n’y faisait : ces malheureux sont de simples employés, le plus souvent logés à l’étranger, Casablanca ou Madagascar, et qui se fichaient de me conseiller autant que moi de leur accorder une prime à la vente. Très vite, je leur raccrochais au nez, mais ils sont habitués.
Outre cela, les escroqueries ont commencer à déferler. Il y a eu ce disque dur que CanalSat me promettait de m’envoyer gratuitement afin que je puisse enregistrer les films de la télé. Le disque dur n’est jamais arrivé. Puis, pour me « remercier de [ma] fidélité [sic] », cette offre récente de deux mois gratuits sur toutes les chaînes de Canal Plus – ne faisant pas partie de l’éventail CanalSat –, qui ne sont jamais venues non plus. Puis, il y a un mois, la disparition de France 3 : je n’avais plus que le son, mais aucune image ! CanalSat avait donc réinventé la radio... Et, récemment, j’ai découvert qu’on m’avait rajouté les quatre chaînes d’OCS (les meilleures, puisqu’elles n’insèrent pas de publicité dans le générique de fin des films, contrairement aux chaînes de cinéma dépendant de Canal Plus), mais sans me le dire, et moyennant finances, bien entendu. Une belle escroquerie, donc, inventée naguère par le Crédit Lyonnais, qui vous abonnait d’office à une assurance payante, sauf si... vous lui écriviez que vous n’en vouliez pas !
Or, justement, une lettre du 9 novembre me rappelait que mon abonnement à CanalSat pouvait prendre fin au 31 décembre, à condition de le résilier avant cette date. On me précisait que je pouvais le faire depuis le site Internet de CanalSat, autre promesse fallacieuse, car il n’existe aucune possibilité de résilier de cette façon : la lettre recommandée avec accusé de réception est indispensable !
Je vais donc envoyer cette lettre dès lundi. Pour comble, on peut avoir mieux et pour beaucoup moins cher grâce à la dernière Freebox de chez Free. Elle s’appelle Revolution, ce qui me rappellera Fidel Castro, que j’aime tant. C’est le bon moment.