Le style de Bruno Julliard

Publié le par Yves-André Samère

Je gagerais volontiers que vous ignorez qui est Bruno Julliard. Pourtant, ô cervelles d’oiseaux, j’ai déjà cité son nom deux ou trois fois, à propos de... cadenas. Oui, c’est ce premier adjoint à Sœur Anne, laquelle usurpe à la Mairie de Paris la place qui aurait dû revenir à NKM lors des dernières élections municipales. C’est bon, ça vous revient ?

Julliard, c’est ce type qui avait réussi à faire croire à cette pauvre Anne Hidalgo que la masse des cadenas accrochés aux grilles du Pont-des-Arts, à Paris, faisait courir audit pont le risque d’être englouti dans la Seine. Et, pour cela, il avait froidement multiplié par dix le poids de ces engins de mort. Tapez le mot cadenas dans la zone de recherches sur cette page, et vous aboutirez à deux ou trois articles de votre (très humble) serviteur, où vos yeux éblouis trouveront le véritable calcul que ce petit escroc vous a épargné.

Or les compétences de Bruno s’étendent bien au-delà des rives de la Seine, puisqu’elles atteignent jusqu’au Forum des Halles, récemment rénové à grands frais, attendu que le coût des travaux a, lui aussi, été multiplié par un facteur dont la modicité vous ferait sourire de pitié. Et parmi les innovations dont le nouveau Forum n’aurait pu se passer, il y a un machin qu’on a baptisé La Place, et qui sera voué à l’art du... hip-hop ! Mais si, vous savez bien, ce type de danse qui se fait en tournant en équilibre sur sa tête, et dont Fred Astaire regretterait, s’il était encore de ce monde, de ne pas l’avoir étudié à temps pour nous en régaler. Mieux : dans un bulletin publicitaire édité en décembre 2014 par l’Hôtel de Ville où officie Bruno, on pouvait lire un article de notre ami, dont je serais navré de vous priver, car le style est beau. Admirez (je mets en italiques les mots importants, afin que vous ne les ratiez pas) :

 

Tout l’enjeu sera de faire de ce centre culturel un point de départ et non d’arrivée, une terre d’accueil et de partage, un espace ouvert à tous, à toutes les esthétiques, à toutes les disciplines, un lieu qui bouge et qui s’exporte. Trente ans que le hip-hop s’installe dans des temps et des lieux de façon éphémère. Trente ans qu’il s’infiltre, qu’il s’impose avec talent. Demain, dans La Place, le hip-hop vous accueillera chez lui. Cet ancrage, ce lieu de travail et de rencontre est une nécessité, une étape incontournable. Pas une fin, mais la naissance d’un foisonnement de projets, pas le signe d’une standardisation, d’une récupération, d’une harmonisation, mais, nous l’espérons, un modèle, un espoir.

 

Sublime d’originalité. Pas technocratique pour un maravédis. L’émotion m’étouffe. Vous entendez La Marseillaise qui devrait saluer ce poème ? On sent que Bruno a relu tout Proust en un week-end, avant de rédiger cette œuvre. J’espère qu’elle sera mise au programme des écoles, et que les collégiens l’apprendront par cœur.

 

 

Publicité

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

K
J'espère que l'on pourra y voir aussi ce ravissement chorégraphique rassembleur d'idées gestuelles que fut la tecktonik, cette danse si originale, véritable laboratoire d'expression corporelle, étouffée si vite par un pouvoir encore aux mains de vieillards figés par l'arthrose et le conformisme. ( ouf )
Répondre
Y
Comme, apparemment, on l’a perdue, je cours à l’église Saint-Eustache mettre un cierge. J’hésite entre sainte Rita et saint Antoine de Padoue. Si ça rate, on remettra à l’honneur la lambada.