La mort en ce jardin

Publié le par Yves-André Samère

Si j’emprunte à Luis Buñuel le titre d’un de ses films français, il faut comprendre que le pseudo jardin Nelson-Mandela, dont on a récemment supprimé les palissades qui le limitaient en partie, est entièrement ouvert à la foule... et aux idées noires ! Ce prétendu jardin des Halles a donc remplacé l’ancien, et on savait dès le départ, au vu des maquettes publicitaires, que ce serait une horreur. Bien prédit : les allées ombragées ont été remplacées par d’immenses espaces vides, au sol de ciment, et dépourvus de presque toute végétation.

À la place, on n’a pas lésiné sur les banquettes : leur longueur totale doit bien approcher du kilomètre, à ce détail près qu’elles sont toutes en ciment, un matériau qui ne se prête pas au confort, mais admet, en revanche, tous les graffitis de la création, qui sont déjà présents. Et l’herbe, dans tout ça ? Quelques brins, trop peu pour faire une pelouse qui se respecte.

Le public vient dans ce jardin, pas parce qu’il le trouve agréable et beau, mais parce que, dans l’arrondissement, si on excepte le jardin du Palais-Royal et celui des Tuileries, très éloigné, il n’y a rien d’autre. C’est laid, peu accueillant, dépourvu d’ombrages, et très inférieur à ce qui a été détruit pour y mettre ÇA à la place. J’oubliais : il n’y a pas la moindre fontaine, dans ce jardin.

Allons, rendez-vous dans vingt-cinq ans, lorsqu’une autre municipalité aura pris conscience qu’il faut à nouveau tout raser pour le remplacer par autre chose. Ce qu’on a fait deux fois, on peut le faire une troisième ! Nous payons les caprices des municipalités successives, donc il n’y a aucun problème.

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D
Plaignez-vous ! Dans notre petite commune, pas un banc public. Pas un. Not' bon maire aurait soi-disant peur des SDF ou des traînards qui occuperaient ces bancs. Pas même autour des aires de jeux pour les enfants. Et, cerise sur le gâteau, le parc municipal ouvre ses grilles environ une heure par an. Il y aurait eu des dégradations sur les statues (qui sont d'immondes nymphes en ciment, sorties tout droit de jardineries. Qu'on a envie, en effet, de dézinguer au nom d'un élémentaire bon goût).
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Y
C’est la dictature de la laideur. À Paris, on avait commencé avec le Centre Pompidou, summum de la hideur. Puis continué avec le Jardin Tino-Rossi, qui surplombe le Quai Saint-Bernard, au pied de l’Univesité de Jussieu et du Jardin des Plantes. Là aussi tout est en béton.<br />
R
Les déserts minéraux sont très à la mode. Même les petites villes cèdent à cet élan mortifère. :(
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Y
On finit par avoir la nostalgie du Sahara !