Hosanna ! « Le Canard » s’est mis au charabia

Publié le par Yves-André Samère

À l’origine, « Le Canard enchaîné » respectait scrupuleusement la langue française, et s’abstenait d’utiliser le jargon à la mode – celui que je dénonce régulièrement ici et qui ne sert aux snobs qu’à enjoliver, croient-ils bien à tort, leur style. Or, cette semaine, grande innovation : pour la première fois dans son histoire, qui a débuté en 1915, ce journal cède à la tentation de s’aligner sur ce qu’il y a de pire dans les médias.

En effet, dans son dernier numéro, en page 4, et dans l’article Dossiers judiciaires plantés faute de greffe, Didier Hassoux (il ne signe pas de son nom et ne donne que ses initiales) écrit ceci : « Au moins quatre magistrats [...] ont déclaré à la Chancellerie ne plus être en capacité d’instruire certaines affaires ».

Ce journaliste, qui devrait être mis à l’amende par son directeur, rédige son texte comme un âne bâté. Il ignore visiblement que l’adjectif capable existe, et DOIT être employé à la place de cette expression sinistre, être en capacité, qui n’a aucune raison d’être et n’a pu être inventée que par des imbéciles désireux de s’élever au-dessus de la foule des gens qui parlent normalement et correctement.

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Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

D
Au-delà du Canard, car je ne sais pas s'ils en ont un, la profession de correcteur se meurt. Considérés comme superflus et coûteux. Le résultat, comme c'était prévisible, ne s'est pas fait attendre.
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Y
Je confirme, “Le Canard” a non seulement un correcteur, mais même un “rewriter”, qui réécrit tous les articles rédigés par ses collègues.<br /> <br /> Cela mis à part, oui, la profession est à l’agonie. J’avais échangé quelques messages avec Guy Birenbaum, qui a quitté la profession d’éditeur, parce que le métier a profondément changé. Les éditeurs d’aujourd’hui licencient dans ce secteur, parce que cela leur coûte trop cher et ne rapporte plus rien, paraît-il ! Et nous voyons bien que la qualité des livres a baissé.
Y
Vrai ! Ce genre de faute ne devrait d’ailleurs pas exister si le rédacteur a quelques notions d’orthographe.
D
En effet, les correcteurs se chargeaient aussi de vérifier certaines informations ou faits cités par l'auteur, s'ils avaient un doute.<br /> L'autre jour, dans un titre du Figaro, il y avait le mot "puit". J'ai mis quelques secondes à comprendre que c'était "puits". Une seule lettre vous manque et tout devient confus !