Vive la peine de mort !

Publié le par Yves-André Samère

Si, aujourd’hui, on peut se féliciter que 98 pays ont aboli la peine de mort (je vous laisse rechercher vous-même ceux qui ont conservé cette belle manifestation mettant si bien en valeur le niveau de leur civilisation), il n’en a pas toujours été ainsi, et nos chers philosophes n’ont pas toujours été des adversaires de la barbarie – parfois en s’appuyant sur des prétextes un peu bidons.

Ainsi, au contraire de Voltaire, de Montesquieu ou de Victor Hugo, je vous recommande... Diderot. Lui et quelques autres voyaient dans la peine de mort une invention utile, capable de faire reculer la délinquance. Et Diderot suggéra de la remplacer par... la vivisection ! Vous avez bien lu. Il s’agissait de disséquer le corps du condamné encore vivant. Les nazis et les Japonais de l’Unité 731 n’ont donc rien inventé. Avantage : les médecins pourraient faire des expériences fructueuses. Et si, par hasard, l’objet de l’opération décédait, ce n’était pas très grave (il n’y avait pas mort d’homme, si j’ose dire), puisqu’il était DÉJÀ condamné à la peine maximale. En somme, il avait de la chance.

Je vous rassure, Diderot avait bon cœur, et il conseillait de gracier le condamné s’il parvenait à survivre, la peine déjà subie étant suffisante. Donc, pensez-y au cas où vous reliriez La religieuse ou Le neveu de Rameau.

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Je découvre par hasard votre site. Et tout de suite, un sujet qui me déstabilise depuis des années. Qui pourrait m'aider à clarifier mes pensées ? Vous ? Je suis contre la peine de mort. Pour de nombreuses raisons, trop longues à énumérer ici. Et que faire souffrir n'est pas acceptable. Et puis parfois, je suis pour la peine de mort. Supprimer celui qui à tué, violé, dépecé et autres horreurs. Pourquoi garder quelqu'un qui n'est pas digne d'être un humain. Il n'y a aucune intention de vengeance, de plaisir malin à le voir souffrir à son tour. Juste ne pas le garder parce qu'il n'a plus le droit de vivre encore alors qu'il (par exemple) à violé et tué un enfant. Que ceux qui ne pensent pas comme moi m'explique pourquoi la peine de mort dans certaines situations ne pourrait pas être adaptée. Merci.
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Y
J’ai répondu au premier de vos deux messages. Naturellement, ma réponse est la même.
Y
Je comprends parfaitement qu’il y a là matière à discussion, voire à polémique. Mais trancher, à supposer qu’on en soit capable, est une question de sensibilité personnelle. Et puis, il y a l’éternelle question de l’erreur judiciaire : pourquoi a-t-on guillotiné Christian Ranucci, dernier Français exécuté, et qui était probablement innocent ? Alors que l’assassin de Jean Jaurès, le dénommé Raoul Villain, a été acquitté ? Il est impossible de décider.
Y
Je pense également que dans certains cas.. Voir même un peu plus large que vous ne citez vous même.. La peine de mort pourrait et devrait être appliquée.. Déjà car une personne commettant des horreurs sur des enfants, des meurtres ignobles ou des attentats aveugles ne devraient plus avoir le droit de vivre tout en coûtant de l'argent aux contribuables et dans certains cas en se foutant de leur gueule.. Nous pouvons avoir dorénavant des certitudes de culpabilité.. Pour les cas avérés de responsabilité, eliminons définitivement le problème au lieu de tergiverser sur la récidive.. Remettons la peine de mort en place !!!
Y
Être contre la peine de mort ne signifie pas qu’on approuve les horreurs commises par les assassins, certainement pas ! C’est simplement une question de principe : ne pas se conduire comme ceux qui ont tué ou violé, parce que cela signifierait qu’on tomberait à leur niveau, et qu’ainsi, on prouverait qu’on ne vaut pas mieux. Mais beaucoup de “moralistes” ne comprennent pas ce choix. Je l’ai souvent constaté. Et il y a souvent chez eux le désir de vengeance dont vous parlez. Mais c’est une radicalisation de la pensée plutôt primaire, dont il faut se garder.<br /> <br /> Ces questions sont évidemment plutôt ardues et mettent beaucoup de gens mal à l’aise.
D
Je suis sûre de ne pas me tromper en disant qu'aujourd'hui bon nombre de personnes aimeraient bien la rétablir. D'ailleurs, quand elle a été abolie en France, une majorité de Français étaient contre cette abolition.<br /> Pour ne pas changer de sujet, quand on lit certains supplices (écartèlement après avoir brisé les articulations par exemple) infligés à des condamnés à mort, on se dit que l'expérimentation médicale ne serait pas si terrible. Enfin, tout aussi terrible.
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Y
La seule bonne innovation qui, selon moi, doit être portée au crédit de Mitterrand, a été de faire supprimer la peine de mort, alors qu’il savait bien que les Français, en majorité, ne voulaient pas de cette suppression. Bien sûr, entretemps, le peuple français s’est habitué à ce nettoyage de la loi, et n’envisage pas de rétablir cette horreur, mais il reste toujours les fanatiques de l’ex-Front National, qui raisonnent avec leurs pieds (j’en connais).<br /> <br /> Pour ce qui est de mettre à mort les condamnés, j‘ai raconté naguère (en 2008 avec http://y-a-s.over-blog.fr/article-26180715.html, et en 2013 avec http://y-a-s.over-blog.fr/article-sachez-punir-la-famille-des-regicides-114149408.html) comment on avait abominablement torturé deux régicides, y compris la seule fois où un roi, Louis XV, s’était opposé à ce traitement contre un manieur de canif trop maladroit et qui ne voulait même pas le tuer.