Souvenirs interdits aux enfants

Publié le par Yves-André Samère

Cet après-midi, j’ai visionné un documentaire, Quand le désert approche, piloté par Hugo Clément, ancien journaliste de « Quotidien », et qui s’intéresse aux pays touchés par la sécheresse. Le début de ce reportage est situé au Sahara, dont j’ai déjà mentionné que j’y avais vécu les années de ma petite enfance, entre un et quatre ans. Ce qui me fournit l’argument permettant de nier la théorie stupide des pseudo-scientifiques s’acharnant à prétendre que nous ne pouvons avoir « aucun souvenir » de cette période, notre psychisme interdisant, disent-ils, la possibilité de conserver intacte toute réminiscence de cette période. Je pense que tous ces charlatans combattent une réalité qui leur déplaît, j’ignore pourquoi, puisque, de mon côté, je me souviens parfaitement, à l’âge d’un an, de mon voyage en train de Constantine à Touggourt, et du premier appartement où mes parents et moi avons séjourné, avant de déménager pour occuper un petit deux-pièces du garage Citroën de Touggourt, où j’ai vécu jusqu’à notre départ définitif.

Mais revenons au reportage sur le Sahara vu par Hugo Clément : il commence par des vues surprenantes de ce qu’on appelle « Les Grandes Dunes », où j’étais allé avec ma famille et ses amis, et qui sont réellement impressionnantes. J’ai aussi le souvenir du vent de sable, qui vous fouette si vous avez l’imprudence de vous balader les jambes nues (très désagréable), des quelques animaux qui vivent dans le désert, mouches et scorpions, de la chaleur en pleine journée, mais du froid qui vous pétrifie la nuit en hiver, et... de la coqueluche qui m’est tombée dessus un certain hiver, que le médecin local avait traitée en me faisant avaler quelques cuillerées de pétrole !

Je me souviens également de cette excursion à Témacine, un village au sud de la ville, où j’ai pu voir une attraction locale : un démonstrateur reliant quatre scorpions noirs par la queue, et les introduisant dans sa bouche.

Et puis, cette nourriture infecte, le tapioca, ou celle, pas si mauvaise que ça, la cervelle de dromadaire achetée au marché de la ville...

Aujourd’hui, à lire les cartes, je constate que la ville de Touggourt, pétrole aidant, s’est beaucoup développée. Mais... je n’y suis jamais retourné. Je ne suis pas nostalgique pour un kopeck.

Publicité

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :