Connaître la musique
Comme, après-demain, je dois à la fois subir une opération, puis, le lendemain, passer une journée en hôpital de jour afin de déterminer mon régime alimentaire ultérieur, on m’a ordonné de me présenter sans retard à huit heures du matin, à l’hôpital Cochin.
La ficelle est grosse, et je connais la musique : on vous ordonne d’être présent à huit heures, quel que puisse être le trajet que vous devez vous farcir, puis on vous abandonne dans un quelconque couloir jusqu’à cinq ou six heures du soir, sans vous nourrir ni vous fournir de quoi boire !
Les hôpitaux parisiens, c’est une variante du tiers-monde. Sans cesse, on vous donne des ordres absurdes sans se préoccuper de ce que vous arrive ni de ce que vous pouvez ressentir. Votre seule activité, c’est d’attendre qu’on se souvienne que vous existez, si quelqu’un y pense.
Gag supplémentaire : j’étais censé fournir un « accompagnateur » pour m’escorter jusque chez moi et, ne riez pas… y passer la nuit en ma compagnie, au cas où j’aurais une crise d’on ne sait quoi. Je connais depuis des années ce type d’exigence ridicule, et je me suis toujours échappé dès qu’on ne me surveillait pas, c’est-à-dire dans cent pour cent des cas. Cette fois, j’ai carrément opposé mon impossibilité de me trouver un garde du corps, attendu que tous les amis que j’avais naguère à Paris ont pris la poudre d’escampette, faute de pouvoir supporter l’existence dans la capitale (vous savez bien, la plus belle ville du monde, comme croient les ballots). Je les comprends : la capitale est devenue une sorte d’enfer, et personne n’a envie d’y élever ses enfants, ni d’y circuler sur les chaussées défoncées par la stupidité de la maire de Paris (celle qui a trusté 1,7 pour cent des suffrages à la dernière élection présidentielle).