La « presse écrite »
Une expression récuremment gonflante, « la presse écrite ». Par le plus grand des hasards, elle est employée en priorité par ceux qui devraient être conscients de son absurdité, les journalistes ! Lesquels sont le plus souvent, il faut le reconnaître, des gens foncièrement moutonniers, ne remettant rien en question, et surtout pas les habitudes – les manies – de leur profession.
Le mot presse, pour être clair, n’est pas tombé du ciel, il désigne cet instrument qui servait à presser sur le papier d’imprimerie les moules en plomb portant en relief le texte à imprimer, et qui, enduits d’encre, laissaient sur ledit papier l’empreinte dudit texte. On a ainsi utilisé ce mot pour désigner le produit final de l’opération de pressage : le journal, puis l’ensemble des journaux imprimés. Par conséquent, parler à leur propos de presse écrite, c’est un pléonasme ! Et cette confusion particulière procède de la confusion généralisée des esprits, un mal qui se répand et peut se résumer en six mots : tout est dans tout, et réciproquement.
Les autres moyens d’information, radio, télévision, journaux sur Internet, n’utilisent ni encre, ni papier, ni presse, et n’entrent pas dans cette définition. Ce sont des moyens d’information, rien d’autre. Les assimiler à la presse, c’est commettre le même contresens que d’assimiler la météo (qui est un service dépendant de l’État, la Météorologie nationale) au temps qu’il fait.
Naturellement, ce que je viens d’écrire – sans l’aide de la moindre presse – ne relève pas de la presse, et n’est pas non plus un jugement de valeur. C’est le simple constat d’un fait matériel.