Simple omission
Comment transformer un fait divers anodin en objet de scandale ? Très simple !
Récemment, on nous a donc appris qu’un enfant de huit ans avait été convoqué par les gendarmes « pour une bagarre dans la cour de l’école ». Cette histoire a été lancée par François Bayrou, et, présentée ainsi, elle constitue le chef-d’œuvre du mensonge par omission. Voici les faits, authentiques, eux.
À l’école, un enfant est brimé par un camarade. Incapable de se défendre, il reste prostré, selon sa mère. Celle-ci tente de parler aux parents de son tourmenteur, qui refusent de l’entendre. Elle tente de parler au directeur de l’école et à l’institutrice, ils refusent de l’entendre (on comprend ça, ils devaient être dans leurs petits souliers, la loi fait obligation que toutes les récréations soient surveillées par un instituteur de service, et l’incident n’aurait jamais dû passer inaperçu). De guerre lasse, cette mère porte plainte à la gendarmerie afin d’être enfin entendue.
Les gendarmes font ce qu’ils doivent faire : ils convoquent l’autre mère, qui répond à la convocation en se faisant accompagner par son fils afin qu’il donne sa version. Point final.
Et voilà comment une affaire insignifiante et dans laquelle les gendarmes n’ont RIEN à se reprocher devient une affaire d’état et un scandale public.
Considération annexe, il a fallu plusieurs jours avant qu’un journaliste vérifie les faits. Avant cela, ils ont tous répété ce que le premier incompétent avait écrit.