Allez en Corée !
Si vous avez des enfants en âge de gagner leur vie et qu’ils désirent faire carrière à l’étranger, deux possibilités s’offrent à eux : les États-Unis et l’Asie. Oubliez l’Europe, elle est fichue !
Les États-Unis ont pour eux que le chômage, déjà moins élevé qu’en France, a tendance à diminuer. Mais le mode de vie, là-bas, est débilitant, et on y devient facilement idiot si l’on se laisse gagner par la sous-culture qui ravage le pays. Après tout, même si le jazz est né là-bas, le rap aussi !
L’Asie vaut mieux, mais tout n’est pas partout d’une égale facilité. Je déconseillerais la Chine, parce que la langue est impossible : on passerait sa vie entière à tenter de maîtriser le chinois, tant à l’oral qu’à l’écrit (c’est pareil au Vietnam). En comparaison, les deux langues les plus faciles à étudier sont le coréen et le japonais. D’ailleurs, le coréen est assez proche du japonais, avec cet avantage supplémentaire que c’est une langue alphabétique, fondée sur un alphabet très simple, le Hangul, qui ne compte pas plus de quarante lettres, regroupées dans les mots en syllabes de deux ou quatre lettres, avec toujours une consonne suivie d’une voyelle ; leur durée de prononciation n’a aucune importance, et on prononce toutes les lettres. Comme en français, on élève la voix à la fin d’une phrase pour poser une question. Les sons ne diffèrent pas de ceux du français, il n’y a pas d’accent tonique (au contraire du chinois et du vietnamien, qui ont de quoi vous rendre fou), et les Coréens articulent plutôt nettement. En contrepartie, ils parlent à la vitesse d’une mitraillette...
La grammaire ? Un paradis pour les cancres : pas de conjugaison, pas de concordance des temps, pas de déclinaisons, pas de genre. Inconvénient de cet avantage, il est difficile d’être très précis, donc le décryptage des propos de vos interlocuteurs peut être pittoresque. Les humoristes coréens doivent se régaler.
Naturellement, je parle de la Corée du Sud. L’autre Corée, passez-la par profits et pertes en attendant des jours meilleurs.
Pour vous faire une idée, allez voir ICI à quoi ressemble un clavier coréen.
En revanche, impossible de conseiller un exil au Japon. Non seulement la crise du logement est effroyable, et la langue, syllabique aussi, difficile à lire, mais les Japonais sont le peuple le plus xénophobe de la Terre ! Même si on est tombé amoureux du pays, il est impossible, serait-on marié à un natif du pays, d’acquérir la nationalité japonaise. C’est le pays qui accueille le moins d’étrangers. Les cerisiers en fleurs, c’est la cerise sur le gâteau, si j’ose dire.