Arielle ignore Brassens
À la radio, on demande à madame Lévy si elle apprécie Brassens. La chère Arielle avoue qu’elle « le connaî[t] mal ».
Écoutez, belle dame et chère grande artiste cultivée et tout et tout, c’est très bien de reconnnaître ses ignorances, mais vous allez néanmoins faire une chose très simple. Vous vous rendez à la FNAC la plus proche. Non, pas celle du Boulevard Saint-Germain où vous habitez, puisqu’elle a fermé en octobre, mais celle de Montparnasse n’est pas si loin, votre chauffeur vous déposera rue de Rennes en trois minutes. Là, vous montez au rayon des disques, et vous fouillez un peu dans les CD. Si vous ne trouvez rien, faites un peu de charme à un vendeur, il paraît que ça réveille les gens de son espèce. Certes, vous allez interrompre son sommeil ou sa conversation avec son collègue, puisque ce sont LES SEULES occupations recensées des employés de ce magasin, mais votre notoriété fera passer la pilule. Et là, vous lui demandez qui était Brassens et où l’on peut dénicher ses disques – sans doute dans une très vieille et très poussiéreuse collection de 78-tours, s’il n’y a vraiment rien dans les CD.
Il ne vous restera plus qu’à faire votre choix, au hasard puisque vous ignorez l’œuvre de ce parfait inconnu, et à passer à la caisse (vous avez sûrement, comme moi, la carte One qui permet de passer avant tout le monde). Ensuite, vous rentrez dans votre duplex, et vous écoutez. Vous aurez peut-être une révélation. Pas forcément plus intense que celle de votre rencontre avec le grand philosophe que vous avez épousé et qui a tant d’humour, mais à l’impossible, nul n’est tenu.