Ça évolue, un violon !
Après avoir écrit ici quelques mots aimables sur le violon, voici quelques précisions pour les masochistes, car il doit y en avoir pour tous les goûts. Même les pires.
Jusqu’au dix-neuvième siècle, cet instrument n’a pas beaucoup évolué, mais ensuite, il y a eu pas mal de changements. Il faut savoir qu’à l’origine, les violons n’avaient pas de mentonnière. Ça n’a l’air de rien, mais cela implique que c’est la main gauche qui devait faire tout le travail de le maintenir ; et donc, elle avait d’autant moins de latitude pour se déplacer sur la touche (le machin noir où les doigts se placent à divers endroits pour déterminer la note qui sera produite par l’archet). De sorte que ce déplacement était assez court, et l’on ne pouvait pas produire les notes aigües dont on peut aujourd’hui vous percer les tympans. Un bien ou un mal, je vous laisse apprécier.
Le fait que la touche était beaucoup plus courte qu’aujourd’hui (environ le tiers de la hauteur totale du violon, alors que, de nos jours, elle en mesure plus de la moitié) était aussi imposé par l’habitude des luthiers de coller la table (le dessus du violon) en dernier. Ces charlots n’avaient pas encore eu l’idée qui s’imposait, de la coller avant la touche ! Et cette carence dans les notes aigües limitait la composition des morceaux : si vous ne pouviez pas les jouer, ces notes, à quoi bon que les compositeurs les écrivent ?
Vous allez me dire : il suffisait de faire des violons plus petits, et de les baptiser « altos » !
(Pardon, on me souffle dans mon oreillette que c’est bien ce qu’on faisait)
Une dernière remarque : vous avez remarqué que les films français qui veulent donner dans le genre intello sont généralement musiqué avec du violoncelle, qui n’est qu’un grand violon, mais pour gens cultivés ? Je n’ai JAMAIS vu un film venu d’un autre pays, qui soit accompagné par une zizique au violoncelle. Finalement, ces étrangers, ils ne sont pas bêtes.