Crif d’horreur
Avant-hier soir sur Canal Plus, Denisot recevait en même temps l’excellent Brice Hortefeux, chasseur d’Auvergnats, et Richard Prasquier, représentant du Crif. Et comme je suis un esprit foncièrement futile (fais gaffe, Y-A-S, tu viens encore d’employer un adverbe, Le masque et la plume va porter plainte pour atteinte au beau style !), je ne me suis intéressé qu’à un détail et me suis posé la question que personne ne se pose. Accompagnez-moi dans mes errements, nous ferons tous pénitence ensuite.
Le mot Crif est un acronyme, c’est-à-dire un nom formé à partir d’un sigle, qui, lui, est une suite d’initiales. Par exemple, quand vous parlez de l’Otan, vous contractez la suite O.T.A.N., sigle qui abrège (en français) l’expression Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Or Crif vient du sigle C.R.I.J.F., qui signifiait Conseil Représentatif des Institutions Juives de France. Vous remarquez immédiatement qu’une lettre est tombée dans les oubliettes, la lettre J. Comme par hasard, l’initiale du mot Juif !
Malveillant comme je suis (mais pas antijuif, ne confondez pas), je me suis dit qu’à la tête de ce Conseil « représentatif », soit on est très désordonné au point d’égarer ses initiales, soit on a un peu honte d’être juif, donc on cache un peu sous le tapis ce qui pourrait fâcher.
Naturellement, je ne crois pas du tout à la deuxième hypothèse, pas plus qu’à la supposition qu’on a voulu gommer un tantinet les aspérités, pour éviter d’agiter la muleta juive sous le nez des toros musulmans. Au Crif, on préfère raconter que cette organisation s’appelait à l’origine Conseil Représentatif des Israélites de France, et qu’en somme, on n’a fait que revenir aux origines. Oui, mais justement, pourquoi ? Il n’y a que les antijuifs qui disent encore « isréalite » pour « juif », comme on dit « black » pour « noir » ou « beur » pour « arabe » !
(Histoire d’être franc et de délaisser un peu la futilité, sinon je ne serai jamais engagé pour faire une chronique politique sur France Inter ou Canal Plus, le Crif est un sacré lobby, bien plus activiste que le lobby gay, beaucoup moins orienté dans une seule direction. Même certains juifs s’en plaignent, et relèvent que les hommes politiques français, persuadés de son influence extrême, vont à ses dîners comme on va à la chasse aux voix, à la moindre élection... à condition de soutenir Israël et de ne pas faire profession de foi d’antisémitisme – cas le plus général. Or, si l’antisémitisme doit justement être combattu, la politique d’Israël, surtout avec son gouvernement actuel, devrait l’être aussi ! Mais le Crif ne manque jamais de soutenir la politique antimusulmane des trois Stooges de notre gouvernement : Sarkozy, Hortefeux et Guéant. C’est pourquoi, sur Canal Plus, Hortefeux s’est si bien entendu avec le représentant du Crif ! Faut comprendre, en France, si on ne soutient pas Israël, on est antisémite, n’est-ce pas ?)