Dire du bien de Sarkozy
Pas de panique, je vais dire du bien de Sarkozy ! Certes, je dédaigne ce type et n’ai pour lui qu’antipathie, mais je trouve encore plus antipathique, lorsqu’on n’aime pas quelqu’un, de raconter sur son compte n’importe quoi.
Non, je ne vais pas louer sa courtoisie à l’égard des journalistes ou de ceux qui ont été ses ministres, à commencer par le Premier, qualifié par lui de « collaborateur » (on sait combien le pauvre Fillon a apprécié, c’est aujourd’hui un de ses plus acharnés ennemis). Je ne vais pas non plus vanter l’immense culture qu’il a eu la chance d’acquérir en seulement quelques mois, grâce aux bons soins de sa femme, et qui fait de lui un expert en littérature, en musique et en cinéma. Pas davantage sa maîtrise de l’anglais, presque au niveau de celle de son successeur. Quant à son respect de ses promesses électorales, toutes scrupuleusement réalisées, et ses victoires contre les paradis fiscaux, ils sont si évidents que je risquerais le pléonasme.
En réalité, on a beaucoup dit de Sarkozy qu’avec un cynisme sans pareil, il avait annexé pour son usage personnel la résidence de week-end jusque là réservée au Premier ministre, la propriété de la Lanterne, située dans le parc de Versailles. Un reportage télévisé a d’ailleurs montré le couple impérial se baladant à l’extérieur de ladite propriété, sans doute pour mieux préserver son intimité de l’indiscrétion des paparazzi. Or, s’il est tout à fait exact que Fillon a dû faire une croix sur ses week-ends à la Lanterne, on a omis de préciser que cette annexion a été largement compensée par le fait qu’on a mis à sa disposition – et à celle de ses successeurs – rien moins que le château de Rambouillet, que Louis XVI avait acheté ! Lequel est beaucoup plus grand, beaucoup plus beau, doté d’un parc immense où avaient lieu les chasses royales, d’un jardin à la française et de pièces d’eau somptueuses, qui était la résidence présidentielle d’été où nos chefs d’État, jusqu’en 2009, recevaient leurs collègues étrangers, et où certains Conseils des ministres ont été organisés. François Ier (le roi, pas le pape) y est mort. Pas vraiment une humble masure, par conséquent, et que vous pouvez visiter pour 8,50 euros (c’est gratuit au-dessous de dix-huit ans).
Moi, si on me donnait le choix (ce qui ne tardera certainement pas), c’est ce château que je choisirais. Et je n’irais pas me faire plaindre par les journaux. Finalement, il était généreux avec ses domestiques, Sarkozy.