Direct au foie (gras)
Ai-je déjà mentionné dans ces pages que je n’aimais pas le foie gras ? Probablement (j’ai rédigé à ce jour plus de 3500 articles, alors vous pensez bien que je ne peux pas tous me les rappeler). En fait, je ne me contente pas de ne point l’aimer, c’est son existence même que je conteste. Expliquons.
Un écrivain anglais, Stephen Clarke, auteur de livres caustiques sur les Français, décrit ainsi la fabrication du foie gras dans les campagnes de notre pays : « Tu ne fais pas que hacher les restes de viande comme pour les autres pâtés. Tu prends une oie ou un canard, tu lui fourres un entonnoir dans la gorge et tu lui balances autant de maïs que tu peux dans le gosier, tous les jours, jusqu’à ce que la volaille soit si obèse qu’elle puisse à peine marcher. Ensuite, tu lui arraches son foie difforme et tu l’étales sur du pain grillé ».
Il remarque pour conclure que si un Anglais avait inventé ce summum de la gastronomie et l’avait baptisé fat liver, chacun dans son pays aurait remarqué que la trouvaille était tout au plus le résultat d’une bonne cirrhose.
Miam !