Donna Leon
L’année dernière, j’ai découvert sur France 3 une série policière dont j’ignorais tout, Commissaire Brunetti. Cela passait le dimanche soir, en première partie de soirée, malheureusement dans une version doublée. Il est vrai que, de toutes façons, les personnages étant tous italiens mais la réalisation allemande, la version originale n’aurait eu aucun sens – un peu comme pour Le guépard de Visconti. Certes, je ne comprends goutte aux intrigues policières, mais l’intérêt n’était pas là : l’intérêt est que tous les épisodes se passent à Venise.
J’ai ainsi appris que tout cela était adapté de romans écrits par une romancière états-unienne, Donna Leon, qui justement vit à Venise depuis plus de vingt ans (selon la courte biographie de ce livre, mais Wikipedia écrit qu’elle y vit depuis plus de trente ans, et « L’Express », depuis plus de quarante ans ; les enchères restent ouvertes). Et je me suis procuré un volume comprenant ses trois premiers romans, rédigés à partir de 1992, Mort à La Fenice, Mort en terre étrangère et Un Vénitien anonyme. Surprise, ce ne sont pas des romans de quatre sous, ils sont très bien écrits, et très bien traduits par William Olivier Desmond (qui traduit aussi Stephen King). Avec une régularité d’horloge (suisse), Mrs Leon publie un roman chaque année, on en compte vingt-et-un, et je pense que je vais tous les lire, puisque j’ai absorbé la totalité des œuvres d’Agatha Christie.
À ce propos, ne trouvez-vous pas étrange que la plupart des bons romans policiers aient des femmes pour auteur ? En Angleterre, je vous conseille Ruth Rendell et Phyllis Dorothy James, la première spécialisée dans la psychologie criminelle, la seconde dans le roman de détection très haut de gamme. Mais, en France, nous avons Fred Vargas et Brigitte Aubert, qui ne sont pas mal non plus.