Du nettoyage

Publié le par Yves-André Samère

La majorité des personnes, rarement moins de cent par jour, qui viennent ici lire mes élucubrations – bien que je ne me prénomme pas Antoine – démontrent qu’elles sont capables de déchiffrer des phrases de plus de six mots, ce pour quoi, en dépit du peu de temps dont je dispose pour faire court, je ne me donne pas le mal de réduire la longueur de mes phrases. Je n’en suis pas encore à faire aussi bien que Marivaux, qui, dans un de ses deux romans inachevés, Vie de Marianne, a casé une phrase d’une cinquantaine de lignes, mais j’y travaille...

Cela dit, il y a toujours des andouilles qui s’égarent sur ces pages. L’une de leurs caractéristiques est de me prendre, moi, pour une andouille, en insérant de faux commentaires qui ne sont rien d’autre que de la pub ! Si ces intrus avaient pris la peine de me lire, ils sauraient que je suis publiphobe et n’admettrai jamais la retape de la réclame (je fais exprès d’employer ce mot démodé) sur une page où je déploie toute la chatoyance de mon esprit aigu.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, j’ai ramassé, pour aussitôt le laisser tomber dans la corbeille la plus proche, un pseudo-commentaire sur mon article du 23 octobre dernier, Les Beatles à l’assaut du Kremlin. Le pubeux, qui tient une agence matrimoniale à Nice, ne s’est certes pas foulé, puisqu’il s’est fendu d’un seul mot, « Intéressant ! ». 

Vous me voyez donc ravi d’avoir su intéresser un marchand de bonheur conjugal, mais je lui rétorquerai, à la manière de Cyrano s’apprêtant à balancer sa tirade des nez, « Ah non, c’est un peu court, jeune homme ». Pour me faire rougir avec de la flatterie, il faut se donner davantage de mal.

Quant aux simples polleurs du genre des auteurs de graffiti dans les ascenseurs, et qui ont beaucoup de temps à perdre, qu’ils le perdent, l’effort d’effacer leurs commentaires ne me prend pas plus d’un quart de seconde. Et les oublier, encore moins.

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