Éloge des Anglais
Mon peuple préféré, c’est le britannique. Je ne dis pas que mon pays préféré, c’est la Grande-Bretagne : son climat et la nourriture qu’on y trouve, propre à vous faire regretter les casse-croûte de l’armée, me rebuteraient plutôt. Non, je parle des gens qui vivent en Angleterre.
C’est peu dire qu’ils forment une espèce à part, leurs caractéristiques me séduisent, me convainquent, me font envie : plût à Dieu que les Français soient un peu anglais ! Tenez, cette répulsion qu’ils manifestent à parler d’autre chose que de la pluie et de beau temps, alors même que le beau temps, ils ne savent pas ce que c’est – à moins que, comme tous les Britanniques aisés, ils se soient installés dans le Gers aujourd’hui (comme Michael Nyman, célèbre compositeur de cinéma), naguère le Luberon, autrefois la Côte d’Azur.
Et puis, cette capacité qu’ils ont de ne pas voir ce (et ceux) dont ils estiment que CELA ne devrait pas exister ! Voyez ce gentleman de la City, dans le métro, assis à côté d’un punk au visage criblé de piercings, et qui affecte d’ignorer que son voisin appartient à une espèce venue de l’outerspace et devrait y retourner bien vite. Voyez cette famille royale encore plus étrange que ledit punk. Voyez ce Premier ministre dont la porte donne tout bêtement sur la rue. Voyez leurs théâtres, qui restent ouverts au mois d’août, phénomène complètement inconnu chez nous. Voyez leurs romans policiers, qui décrivent les pires horreurs, mais sont TOUS rédigés par de charmantes vieilles ladies, Agatha Christie et Dorothy Sayers autrefois, Phyllis Dorothy James et Ruth Rendell aujourd’hui, siégeant à la Chambre des Lords qui plus est.
Et leur thé ? Qui n’a jamais pris le thé de cinq heures dans une famille anglaise ne sait pas ce que le mot cérémonie veut dire ! Tenez, connaissiez-vous ce détail : autrefois, on servait le thé... dans les théâtres, à l’entracte ? C’était autre chose que des esquimaux (voire esquimauds) !
(Histoire d’éviter les clichés, j’ai évité de parler de leur humour, mais c’est ce que je leur envie par-dessus tout)