Énergies nouvelles : le bide
Je n’ai jamais caché l’ardent amour que je porte aux éoliennes. Si mes impérissables petits écrits vous ont échappé, rappelons les griefs qu’on leur fait (aux éoliennes, pas à mes petits écrits) : le vent ne souffle qu’une heure sur quatre, et l’électricité qu’elles produisent ne pouvant pas être stockée, on doit combler les trous de la production en faisant tourner des centrales thermiques (fuel et charbon) le reste du temps. D’où gaspillage et pollution intense. Et je ne dis rien de la laideur de ces engins, qu’il faut acheter principalement à la Chine, ni du bruit qu’ils font.
Il s’avère que l’énergie solaire, dite « photovoltaïque », ne vaut guère mieux. On ne peut installer les champs de capteurs que dans de grandes étendues désertiques, plutôt dans les pays chauds et un peu vides – le Sahara, c’est l’idéal, mais les Algériens ne vont pas installer une industrie qui concurencerait leur production de gaz –, et les panneaux coûtent horriblement chers à fabriquer, or il en faut beaucoup, vu leur faible rendement. Ce n’est pas tout.
Pour ce qui suit, merci au « Canard » :
En 2007, Sarkozy et Borloo ont lancé, au « Grenelle de l’environnement » (sic), un plan appuyé sur une loi qui prévoyait des crédits d’impôts pour ceux qui investiraient dans cette filière solaire super-écolo, à laquelle on croyait encore : EDF serait OBLIGÉE de leur acheter l’électricité qu’ils produiraient, et de payer un prix prohibitif de 50 centimes le kilowatt-heure, supérieur au prix pratiqué par les étrangers (c’était encore mieux rétribué outre-mer, mais passons). En sus, les « dispositifs Girardin », du nom de l’ex-ministre des DOM-TOM sous Chirac, permettaient d’économiser une somme supérieure à l’investissement consenti !
Résultat prévisible : le solaire est devenu si rentable pour lesdits investisseurs qu’ils se sont précipités en foule sur la manne. Résultat du résultat : des manques à gagner du côté du fisc, et une fortune dépensée par l’EDF. Un rapport révèle que cette brillante initiative a fait perdre 800 millions par an à notre balance commerciale, et le bénéfice écologique est proche de zéro !
La décision est précise, qu’EDF achètera désormais moins cher le courant des nouveaux producteurs, lequel rapporte aujourd’hui deux ou trois fois moins qu’en 2008. Et on décide un moratoire, c’est-à-dire un coup de frein, sur les nouveaux projets. D’où des faillites en chaîne chez les producteurs d’électricité solaire, et des milliers d’emplois perdus, mais de ça, on a l’habitude.
Bilan : le nombre de panneaux solaires a diminué de 40 % en 2012 par rapport à 2011, et ce sera pire cette année. Ce n’est d’ailleurs pas mieux à l’étranger, puisque, après les entreprises allemandes, le numéro un chinois, Suntech, vient de faire faillite. Ne reste qu’Abu Dhabi, où viennent d’investir Total, Areva... et EDF !