Faites ce que je dis !

Publié le par Yves-André Samère

L’écologie, c’est comme la langue d’Esope, le meilleur et le pire (je ne me souviens plus si je me suis déjà servi de cette métaphore, mais comme on nous la sert depuis des siècles, je ne vais pas me gêner). Bref, il y aurait, selon moi, deux façons d’être écolo, celle qui nous instruit des dégâts que nous faisons, notamment par les excès de la consommation, et celle qui conclut de cette situation que nous sommes TOUS coupables et que nous allons le payer tôt ou tard.

Mille regrets, je ne me sens coupable de rien, et bien des gens que je connais ne le sont pas davantage : ils ne mangent pas de viande, n’ont pas de voiture, se chauffent au minimum supportable, ne prennent pas l’avion pour aller passer d’inutiles vacances à l’autre bout du monde, ne laissent pas couler les robinets quand ils se brossent les dents, et prennent soin d’éteindre la lumière quand ils quittent une pièce. Tout ça est facile à faire, ils le font, et je ne vois pas que la jet set fasse mieux.

En dépit de cela, ce sont les gens modestes que l’on culpabilise. Quoi ! Vous avez une Twingo pour aller au travail, sous le prétexte que les transports en commun sont inexistants dans votre bled ? Mais vous êtes un vrai saligaud ! Prenez plutôt exemple sur votre député des Verts, que vous avez élu en Corse ou à Biarritz, mais qui doit se rendre chaque semaine à l’Assemblée nationale ou une fois par mois à Bruxelles. Ou sur votre président de la République, qui passe plus de temps dans les avions que dans son bureau, et se fait accompagner par soixante véhicules lorsqu’il va prononcer un discours de dix minutes en province. Cette caste est plus avisée que vous, elle profite du progrès, tout en faisant mine de s’y opposer. Comment croyez-vous que vivent les politiques qui veulent réduire votre bien-être, mais pas le leur ?

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