Fièvre de cheval
Que les Britanniques soient vexés comme des poux parce qu’on leur a fait ingurgiter de la viande de cheval en leur laissant croire que c’était du bœuf, on peut le comprendre. Quoique... Ils n’ont donc pas remarqué la différence de goût ? Toujours aussi fin, le palais british. Et ils n’ont pas cette excuse d’avoir eu un faux prophète qui leur serinait que « Dieu » leur interdisait d’en manger.
Mais qu’on fasse en France un tel battage, cela commence à devenir lassant. Non seulement on y a toujours mangé du cheval sans que cela dérange personne (sauf les chevaux), mais la viande de cheval, en dépit d’un goût un peu fort, n’a rien de répugnant, et elle ne présente aucun danger pour ceux qui la consomment. Mieux, elle a cet avantage d’être deux fois moins grasse que la viande de bœuf, donc, à tout prendre, elle est plus saine.
Bien sûr, on objectera qu’il pourrait y avoir tromperie sur la marchandise, parce qu’on a mal suivi la trajectoire de la marchandise. Toujours la fameuse « traçabilité » dont nul ne se souciait il y a seulement vingt ans. Mais pourquoi se préoccuper uniquement de CETTE traçabilité-là ? A-t-on testé celle des hommes politiques, par exemple celle d’un président de la République qui obtient d’être élu sur un programme et fait tout autre chose une fois qu’il a été élu ? Mieux : lorsque les Français ont porté Mitterrand à leur tête, se sont-ils beaucoup préoccupés de son passé judiciaire ? Cet homme, pour avoir menti à la justice, avait tout de même perdu son immunité parlementaire en 1966. Alors, les tribulations de ce vieux cheval de retour, ce n’était donc rien ?