Indignés, vous dis-je

Publié le par Yves-André Samère

Savez-vous ce que je déteste le plus à la télévision ? Ces sont ces gens et ces publicités qui misent sur un humanisme ostentatoire mais de façade. Nous en avons en ce moment un exemple frappant avec ces deux cents et quelques lycéennes qui ont été enlevées au Nigéria par une secte islamiste, ont été « converties à l’islam » (sic), et seront vendues ou, aux dernières nouvelles, échangées contre la libération de prisonniers appartenant à la secte – on ne sait plus.

Or défilent sur les plateaux de télévision un tas de grandes âmes venant clamer leur indignation, ce qui ne mange pas de pain, quand on sait très bien que ces beaux parleurs ne feront rien pour résoudre le problème, et se contentent de venir, comme je dis souvent, montrer leur cœur à tous les passants. Hier, au Trocadéro, on a eu une manifestation de ces célébrités, essentiellement des femmes très connues, et j’ai noté en particulier la présence de Carla Bruni, qui s’est éclipsée en prétextant qu’elle n’avait pu parler. C’était donc cela, elle était venue pour parler, pas pour agir, et l’on se demande comment cette chanteuse pourrait faire quoi que ce soit. Que l’on doit se sentir bien, quand on a clamé son indignation à six mille kilomètres de l’endroit où ça se passe !

Cet humanisme feint est odieux, et m’a fait ressouvenir d’une publicité qui passait il y a quelques années sur nos écrans. On y voyait une femme, évidemment jeune et belle comme Carlita, qui faisait de l’action humanitaire, et la fin du spot nous révélait que, si elle pouvait se dévouer à ce point pour le tiers-monde, c’est parce qu’elle pouvait tout payer avec... sa carte bleue ! C’était donc une vulgaire pub pour une banque, et l’on sait tout ce que les banques font pour aider les gens.

Autrefois, dans un de ses spectacles, Pierre Desproges singeait ces humanistes de façade, et concluait par une supplique, tendant à ce que les bien logés ouvrent leurs portes aux gens qui dorment dans la rue ; or il concluait sarcastiquement : « Mais chez moi, ce n’est pas possible, y a pas de place, à cause du piano ! ».

Inutile de commenter. Tout est dit.

Publicité

Écrire ci-dessous une ânerie quelconque :

Y
Peut-être. Mais le désir de se montrer est le plus fort !
Répondre
P
Ca c'est certain : en terme d'utilité, efficacité zéro ! Je me demande si Carla et consorts en ont conscience...
Répondre
Y
C’était d’autant plus inutile et risible, que la secte qu’on dénonçait, non seulement ne doit pas regarder la télévision française, mais aussi, que ces fanatiques sont complètement inaccessibles à<br /> tout raisonnement. Ils ne comprennent qu’un seul langage : le leur.
Répondre
P
Entièrement d'accord. Autant je comprends que parfois il faille médiatiser une cause pour lui donner de la visibilité et faire avancer les choses, autant là il ne s'agissait vraiment que d'egos de<br /> personnalités qui la semaine prochaine pourraient tout aussi bien venir gueuler pour tout autre chose, tout aussi rapidement, juste parce que ce sera "the place to be" pour que les projecteurs<br /> soient braqués sur elles et leur renvoient une bonne image... Bref, les discours bourrés de bons sentiments n'ont jamais fait de mal à personne hein, agir c'est tout de suite moins simple<br /> évidemment. Je ne dis pas qu'aucune personnalité qui s'engage n'est sincère, mais dans ce cas précis ça sonnait quand même comme un opportunisme sacrément creux...
Répondre
Y
Merci. J’ai corrigé.
Répondre
G
Coquille à Carla.
Répondre